"C'était l'instinct primaire": l'homme qui a désarmé le tireur de la fusillade en Californie témoigne

Un cordon de police sur la scène d'une fusillade survenue à Monterey Park aux États-Unis, le 22 janvier 2023. - Frederic J. BROWN / AFP
Un cordon de police sur la scène d'une fusillade survenue à Monterey Park aux États-Unis, le 22 janvier 2023. - Frederic J. BROWN / AFP

Huu Can Tran, un homme d'origine asiatique de 72 ans, a ouvert le feu samedi soir en pleine célébration du Nouvel An lunaire dans un dancing de Monterey Park, près de Los Angeles, ville majoritairement peuplée de personnes d'origine asiatique.

Il a fait au moins 10 morts et blessé 10 autres personnes, puis, prenant la fuite, a été traqué durant plusieurs heures par la police. Il a finalement été retrouvé mort au volant d'un véhicule. Une tragédie qui aurait pu être pire si un héros (peut-être deux) n'était pas intervenu.

"Ses yeux étaient menaçants"

Pour comprendre, il faut d'abord revenir sur le déroulé de cette soirée. Vers 22h10 samedi (7h10 le dimanche, heure française), Huu Can Tran est entré au populaire Star Ballroom Dance Studio du centre-ville de Monterey Park. Là-bas, il fera 10 morts.

Environ 30 minutes après sa première attaque, il se rend dans un autre dancing à Alhambra, une ville voisine. Il souhaite faire plus de victimes mais en est empêché, selon le New York Times, par Brandon Tsay.

Âgé de 26 ans, ce codeur informatique, qui travaille régulièrement à la billetterie de cette salle de danse, aurait désarmé le tueur avant qu'il ne puisse tirer sur qui que ce soit.

Brandon Tsay s'est d'abord retrouvé nez à nez avec Huu Can Tran, un pistolet pointé sur lui. "Il me regardait et regardait autour de lui, sans cacher qu'il essayait de faire du mal. Ses yeux étaient menaçants", a-t-il décrit aux journalistes le lendemain du drame.

"De par son langage corporel, son expression faciale, ses yeux, il cherchait des gens", a ajouté Brandon Tsay.

"Mon cœur s'est serré, je savais que j'allais mourir", s'est-il d'abord dit. L'informaticien tente alors le tout pour le tout, se ruant sur Huu Can Tran et saisissant l'arme par le canon. Ils se disputent pendant environ une minute et demie pour contrôler le pistolet, avant que Brandon Tsay ne réussisse à l'arracher.

"Ce moment-là, c'était l'instinct primaire, a-t-il déclaré. Il s'est passé quelque chose là-bas. Je ne sais pas ce qui m'a pris."

"Vas-y, fous le camp d'ici", se souvient-il avoir dit à Huu Can Tran en pointant l'arme vers lui.

Il est ensuite resté éveillé toute la nuit pour aider les enquêteurs. Selon CNN, l'action de Brandon Tsay a également permis de conduire les autorités directement au suspect. En effet, ayant dérobé l'arme au tireur - un semi-automatique Cobray M11 mm conçue pour des chargeurs de 30 cartouches - il a permis à la police de remonter au nom et à la description du tireur.

Un ou deux héros?

La version du shérif du comté de Los Angeles, Robert Luna, diffère toutefois légèrement de celle de Brandon Tsay. Selon lui, le tueur aurait été "désarmé par deux membres de la communauté qu'[il] considère comme des héros, car ils ont sauvé des vies".

Pour les Américains, l'énigme à résoudre en priorité reste de Huu Can Tran. "Toutes les pistes sont envisagées", a estimé dimanche le shérif Robert Luna. Les enquêteurs n'ont notamment pas encore déterminé pour quelle raison les victimes, cinq femmes et cinq hommes quinquagénaires ou sexagénaires, avaient été ciblées.

Le président des États-Unis Joe Biden a ordonné la mise en berne des drapeaux ornant les bâtiments publics jusqu'au soir du 2 janvier. Il s'agit de la fusillade la plus meurtrière dans le pays depuis qu'un homme armé a tué 21 personnes en mai, dans une école primaire d'Uvalde, au Texas.

Article original publié sur BFMTV.com