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"Buitoni nous a vendu la mort" : un an après le scandale des pizzas contaminées, les enfants victimes ont gardé des séquelles

L’usine de Caudry a été fermée par le préfet en raison de graves problèmes d’hygiène (AFP via Getty Images)

Des enfants contaminés par la bactérie E.Coli souffrent toujours de problèmes de santé. Certaines familles ne savent pas si une greffe sera nécessaire.

Il y a un an éclatait le scandale des pizzas Buitoni contaminées avec la bactérie E.Coli. L’usine de Caudry, site de production, a été fermée par le préfet en raison de graves problèmes d’hygiène. Aujourd'hui, certaines familles vivent toujours un véritable cauchemar.

Comme le rappelle Le Parisien, 48 des 55 enfants contaminés ont développé une complication grave, le syndrome hémolytique et urémique (SHU). "Lorsqu’on ingère un aliment contaminé, on a une gastro. Mais la toxine, libérée par la bactérie, peut passer dans le sang, abîmer les petits vaisseaux des reins et provoquer une défaillance rénale", explique le professeur Alexandre Hertig, néphrologue à Foch, à Suresnes (Hauts-de-Seine) et interrogé par le quotidien. Il dévoile que "deux tiers récupèrent totalement et un tiers a des séquelles et continue de souffrir d’une insuffisance rénale chronique".

"Buitoni nous a vendu la mort"

C'est le cas d'Inaïa, 9 mois à l’époque à des faits. À cause de son jeune âge, la petite fille n'avait pas goûté directement la pizza mais sa mère avait transmis la bactérie à son bébé sans que les pédiatres déterminent si la transmission s'était produite lors de l'allaitement. Plus d'un an après, la fillette garde des séquelles dont une néphropathie, un taux d’hémoglobine bas, des bronchites asthmatiques à répétition, etc. La famille ignore toujours si Inaïa aura besoin d'une greffe plus tard : "On vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Quand on demande aux médecins, ils disent : On sait pas. À l’hôpital aussi, on nous répétait la même phrase", confie la mère de famille au Parisien. Pour elle, le constat est sans appel, "Buitoni nous a vendu la mort".

En Essonne, la petite Coline, âgée de 11 ans et demi, doit, elle, prendre chaque matin un médicament destiné à ralentir la progression de son insuffisance rénal. À 9 ans, Shanel, elle, a eu peur de mourir et n'a rien oublié des journées passées à l'hôpital, des vomissements teintés de sang, des cicatrices, etc. Le 7 février prochain doit se tenir une nouvelle audience au tribunal de Nanterre. Pierre Debuisson, avocat des victimes, réclame "250 millions d’euros" de dommages et intérêts à Nestlé.

VIDÉO - Affaire Buitoni : les 55 victimes réclament 250 millions d'euros à Nestlé