Budget européen: Orban déplore que l'UE se transforme en Union soviétique

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BUDGET EUROPÉEN: ORBAN DÉPLORE QUE L'UE SE TRANSFORME EN UNION SOVIÉTIQUE
BUDGET EUROPÉEN: ORBAN DÉPLORE QUE L'UE SE TRANSFORME EN UNION SOVIÉTIQUE

BUDAPEST (Reuters) - La Hongrie ne peut accepter que l'accès au plan de relance économique post-coronavirus de l'Union européenne (UE) soit conditionné au respect de l'état de droit, car cela reviendrait à faire fonctionner l'UE comme l'ancienne Union soviétique, a déclaré vendredi le Premier ministre Viktor Orban.

Le dirigeant nationaliste, au pouvoir depuis plus de dix ans et régulièrement critiqué pour les atteintes faites à la démocratie dans cet ancien État communiste, a déclaré qu'on "ne pouvait pas prendre l'argent des Hongrois" et que les débats actuels de l'UE étaient "techniques".

Le Premier ministre, qui estime qu'il s'agit là d'un "chantage sur une base idéologique sans critères objectifs", a dit s'être entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel jeudi à ce sujet.

"J'ai dû lui dire que si ce règlement rédigé par le Parlement européen et la présidence allemande devait être accepté - il nécessite une majorité des deux tiers, donc nous ne pouvons pas le bloquer - alors nous avons transformé l'Union européenne en Union soviétique", a déclaré Viktor Orban à la radio d'État.

"Nous n'avons pas créé l'UE pour avoir une deuxième Union soviétique", a ajouté le Premier ministre, sans pour autant menacer d'opposer son veto à l'ensemble du processus budgétaire de l'UE.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, principal allié d'Orban, a envoyé une lettre aux institutions de l'Union européenne menaçant d'opposer son veto au budget 2021-2027 si l'accès aux fonds de l'UE est subordonné au respect de l'état de droit.

Le Parlement européen et les Etats membres se sont entendus mardi sur les détails du budget 2021-2027 de l'Union, et l'accord indique clairement que les gouvernements ne peuvent obtenir de subsides de l'UE que s'ils respectent l'état de droit.

Les députés européens et les Etats membres doivent encore discuter des détails des 750 milliards d'emprunts, dont 672,5 milliards doivent être répartis entre les "27" sous forme de prêts et de subventions, avant que le plan soit approuvé par l'ensemble des Etats membres.

(Krisztina Than, version française Kate Entringer, édité par Blandine Hénault)