Budapest construit sa nouvelle barrière à la frontière sud

par Marton Dunai
La nouvelle barrière que la Hongrie construit à sa frontière sud pour repousser migrants et réfugiés est électrifiée, munie de détecteurs de chaleur, de caméras et de haut-parleurs diffusant des avertissements en anglais, en arabe et en farsi. /Photo prise le 2 mars 2017/REUTERS/Laszlo Balogh

par Marton Dunai

GARA, Hongrie (Reuters) - La nouvelle barrière que la Hongrie construit à sa frontière sud pour repousser migrants et réfugiés est électrifiée, munie de détecteurs de chaleur, de caméras et de haut-parleurs diffusant des avertissements en anglais, en arabe et en farsi.

Cette clôture high-tech doit doubler la barrière barbelée qui a déjà été érigée par Budapest au plus fort de la crise migratoire en Europe en 2015.

A l'époque, la Hongrie était le principal point d'entrée pour des centaines de milliers de personnes cherchant à rejoindre des pays plus à l'ouest comme l'Allemagne.

Les arrivées ne se comptent plus aujourd'hui qu'en quelques dizaines, en raison de l'installation de la première clôture, de la conclusion d'un accord entre la Turquie et l'UE pour réduire l'afflux de réfugiés et du durcissement des sanctions en Hongrie contre les immigrants clandestins.

"Attention, attention. Je vous préviens que vous êtes à la frontière hongroise", avertissent les haut-parleurs.

"Si vous endommagez la clôture, traversez illégalement ou tentez de traverser, cela est considéré comme un délit en Hongrie. (...) Vous pouvez déposer votre demande d'asile dans la zone de transit."

Ces zones de transit sont deux postes-frontières où un maximum de dix migrants est autorisé à pénétrer chaque jour.

Seulement dix kilomètres de barrière ont été érigés pour l'instant mais les autorités déclarent que les 140 km restants, qui séparent la Hongrie de la Serbie, seront achevés dans un délai de deux mois. La construction sera assurée essentiellement par 700 détenus.

"La première barrière était une solution rapide pour le gouvernement mais elle n'était pas parfaite parce que les passeurs venaient avec des outils pour la cisailler", a déclaré le maire du village frontalier d'Asotthalom.

Laszlo Toroczkai, qui avait été l'un des premiers à réclamer la fermeture de la frontière en 2014, a qualifié la nouvelle clôture de "beaucoup plus sérieuse" et "absolument rassurante".

Le gouvernement a alloué 38 milliards de forints (123 millions d'euros) pour la construction de cette nouvelle clôture.

Le coût total du renforcement des mesures de sécurité à la frontière, en incluant notamment les zones de transit et les patrouilles, approche le milliard d'euros selon Janos Lazar, le chef de cabinet du Premier ministre Viktor Orban.

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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