Bruno Sanches: "'Je te promets', ça parle de famille, de liens... ça parle de nous"

Magali Rangin
·5 min de lecture
Hugo Becker et Bruno Sanches dans la série
Hugo Becker et Bruno Sanches dans la série

Qu'il campe une midinette quinqua à collier de perles, un lutin du Père Noël zélé ou un préhistorique hoquetant et rêveur, il nous émeut. Bruno Sanches est un comédien à part, fidèle en amitié, et grand admirateur des acteurs avec lesquels il travaille. Celui fut pendant des années connu pour son génial duo Catherine et Liliane, avec son complice Alex Lutz, sur Canal+, multiplie aujourd'hui les rôles dans des séries aux styles bien différents.

Après avoir revêtu la peau de bête d'un Néandertalien pour Moah diffusé sur OCS, il intègre les années 70 dans Je te promets, sur TF1 à partir du 1er février, adaptation française de la série américaine à succès, This is us. Mais il sera aussi, toujours sur TF1, un policier dans la série HPI - pour Haut Potentiel Intellectuel - avec Audrey Fleurot, et un prof d'EPS dans 30 Vies, sur France 2, au côté de Guillaume Labbé, Florence Pernel et Marc Lavoine. Il nous parle de ses rôles, de son complice Alex Lutz, et du bonheur de jouer, même en temps de Covid.

Connaissiez-vous This is us ?

Quand ma femme était enceinte de notre premier enfant, on regardait la série, qu'on n'a jamais terminée, parce que Mila est née et on a arrêté. Mais ça m'avait bouleversé, comme tout ce qui a trait à la famille. Maintenant que je suis papa, c'est la larmiche à gogo!

C'est en effet une série très lacrymale...

C'est lacrymal parce que ça nous parle à tous, parce que ça parle de famille, de lien avec les parents. C'est sur les vicissitudes d'une famille, les bons moments comme les durs, les secrets. Ca parle d'adoption aussi, parce que c'est l'histoire d'un couple dont l'un des triplés meurt pendant l'accouchement. Au même moment, un enfant naît sous X, que ce couple décide d'adopter. Ca raconte comment ils vont éduquer ces enfants, avec un enfant qui n'est pas de la même couleur que ses frère et sœur, comment il va retrouver ses origines, parce qu'il a besoin de savoir qui il est... Donc oui, c'est lacrymal, mais putain ça fait du bien!

Quel est votre rôle dans la série?

J'y interprète le rôle de José - Miguel dans This is us - meilleur ami du personnage qu'incarne Hugo Becker. Je ne suis que dans les flash-back. Ca me touchait de pouvoir jouer la période des années 70. En le faisant, je pensais à mon père.

Connaissiez-vous les autres acteurs de la série?

J'ai recontré pour la première fois Camille Lou, que je ne connaissais pas, et qui est une actrice incroyable. Elle m'a bouleversé. Hugo Becker est fantastique aussi. Ce sont de belles rencontres, vraiment.

Comment vivez-vous les tournages en période de Covid?

Pour Je te promets, on avait commencé avant le premier confinement, on a été mis en pause et puis on a repris et terminé juste après. C'est un peu pénible, on a un masque, mais on s'habitue. Mais ça ne me dérange pas qu'il y ait un référent Covid. C'est des injonctions, mais on est tellement heureux de tourner qu'on les adopte.

Vous avez vécu une autre expérience de tournage assez étrange, avec la série préhistorique Moah...

Oui, on a tourné en Dordogne. On était vraiment dans les conditions, on a eu froid, mais c'était fantastique. C'est une des meilleures expériences de ma vie. C'était assez chamanique. Tous les acteurs de cette série viennent du théâtre. On a travaillé beaucoup en amont, on s'est beaucoup documenté sur Néandertal, sur Sapiens. On a beaucoup travaillé sur l'animalité. Car ce n'était pas des hommes-singes, mais des hommes qui étaient beaucoup plus dans leur corps, leur spiritualité, leurs sens. On était une troupe de théâtre en train de faire un travail d'anthropologie. C'était une équipe fantastique. On ne s'est jamais plaint, pourtant dieu sait qu'on a eu froid, quand on tournait jusqu'à 23 heures en pleine forêt au mois de novembre. Il y a certainement une saison 2 qui se prépare et tout le monde a envie d'y retourner.

N'avez-pas eu peur d'être un peu enfermé dans votre personnage du duo Catherine et Liliane?

Non, parce que ce qui était génial avec Catherine et Liliane, c'est qu'on était derrière des masques. J'ai pu incarner plein de personnages après, et pas forcément avec une perruque et des talons. On nous parle souvent de Catherine et Liliane - toujours avec des sourires - mais on ne nous a jamais enfermés dedans. C'est vraiment deux nanas qui sont fantastiques. Elles nous ont tellement apporté! Elles sont toujours en nous.

Elles ont disparu à tout jamais?

A tout jamais, non... Elles ne sont pas mortes, donc on se sait jamais. En tout cas là, pour l'instant, elles font un tour du monde, elles profitent de la vie.

Allez-vous bientôt recroiser la route d'Alex Lutz?

On se croise souvent en dehors du travail. Mais pour l'instant artistiquement, pas vraiment. On parle de choses, mais il n'y a rien de prévu. Mais on va se recroiser certainement. On est des Lego, Alex et moi, et on aime faire des choses ensemble. On adore jouer ensemble. C'est rare d'avoir une connexion si forte dans la vie, et dans le travail. J'ai beaucoup d'admiration pour lui. C'est un mec qui est incroyable, il n'arrête pas: il sort un bouquin, il est super [Ndlr, il a publié Le radiateur d’appoint en octobre 2020], il lui ressemble beaucoup, il est très très humain. Il peint, les toiles sont super belles. Là il a des projets personnels qu'il est en train de mettre en place. Et puis après on se retrouvera.

Article original publié sur BFMTV.com