Bruno Retailleau critiqué pour des propos sur la diffusion des caricatures

Hugo Septier avec AFP
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Bruno Retailleau - LUDOVIC MARIN / AFP
Bruno Retailleau - LUDOVIC MARIN / AFP

Les propos de Bruno Retailleau ont fait polémique. Le patron des sénateurs LR a été vivement critiqué, notamment par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, après avoir plaidé pour "une forme de respect" dans la diffusion des caricatures.

"Quand j'entends le président de votre groupe dire: 'Oui à la caricature mais avec une forme de respect', eh bien non, monsieur Retailleau, la liberté d'expression est totale, même quand ça gêne", a affirmé Gérald Darmanin.

"Vous devriez retirer vos propos", a-t-il ajouté lors des questions au gouvernement devant le Sénat.

"Il n'est absolument pas question" de retirer ces propos

Interrogé sur la distribution par les régions d'un livre de caricatures aux lycéens, en réaction à l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty, Bruno Retailleau avait affirmé mardi soir sur RTL que "ces caricatures là, on doit pouvoir les faire dans la presse, les distribuer de façon massive".

Mais "je pense qu'il faut aussi être prudent" et "je suis pour une forme de respect", avait-il ajouté, affirmant: "oui à la caricature dans la presse, mais cette généralisation, faisons-y aussi attention".

"Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit: le droit à la caricature est un droit que rien ni personne n'a le droit de remettre en cause", avait-il précisé quelques heures plus tard sur Twitter.

"Il n'est absolument pas question" de retirer ces propos, a-t-il affirmé mercredi sur Public Sénat, en regrettant "un tweet qui a raccourci" son expression. "Que Gérald Darmanin (...) veuille faire de moi un allié des islamistes en déformant mes propos est proprement pathétique et indigne", a-t-il affirmé.

Critiques de tous bords

Mardi déjà, la secrétaire d'Etat à l'Economie sociale Olivia Grégoire avait raillé dans un tweet la notion de "caricature dans le respect" en ajoutant: "autant tuer la caricature. Notre liberté d'expression, liberté fondamentale, ne souffre pas de oui, mais".

"Les 'oui mais...' on sait où ça mène. 'Il est libre de caricaturer mais...', 'Il est libre d'enseigner mais...'" avait pour sa part estimé la vice-présidente du groupe LREM Aurore Bergé, accompagnant son tweet des mots-dièse "Tartuffe" et "SamuelPaty".

Le conseiller régional RN Julien Odoul avait lui raillé "le pendant de l'islamo-gauchisme: l'islamo-droitisme", en ajoutant sur Twitter: "Même lâcheté, même soumission, même renoncement".

Article original publié sur BFMTV.com