Brittney Griner condamnée en Russie, Moscou ouvert à un échange de prisonniers

Brittney Griner, le 4 août 2022 au tribunal de Khimki, près de Moscou.
KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP Brittney Griner, le 4 août 2022 au tribunal de Khimki, près de Moscou.

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Brittney Griner, le 4 août 2022 au tribunal de Khimki, près de Moscou.

INTERNATIONAL - Détenue depuis février en Russie, la star américaine du basket féminin Brittney Griner a été condamnée, ce jeudi 4 août, à 9 ans de prison dans une colonie pénitentiaire et à un million de roubles d’amende (environ 16 000 euros) par un tribunal russe après son arrestation avec une vapoteuse contenant du liquide de cannabis. Un verdict qualifié d’« inacceptable » par le président américain, Joe Biden, qui a demandé à « la Russie de libérer immédiatement » la basketteuse.

La semaine dernière, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken et son homologue Sergueï Lavrov ont eu leurs premières discussions depuis le début de l’offensive de Moscou en Ukraine. Le secrétaire d’État américain avait indiqué avoir pressé son homologue d’accepter l’« offre conséquente » de Washington pour obtenir la libération de Griner et d’un autre Américain détenu en Russie, Paul Whelan, qui purge une peine de 16 ans de prison pour espionnage.

Selon CNN et Le New York Times, Washington aurait proposé d’échanger un célèbre trafiquant d’armes russe détenu aux États-Unis, Viktor Bout, contre les deux ressortissants américains. Des discussions officialisées ce vendredi 5 août par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov : « Nous sommes prêts à discuter de ce sujet, mais seulement dans le cadre du canal (de communication) qui a été convenu par les présidents (Vladimir) Poutine et (Joe) Biden », a indiqué Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse organisée depuis le Cambodge. « Il y a un canal spécial, qui est convenu par les présidents, et malgré certaines déclarations publiques, ce canal conserve toute son actualité », a-t-il poursuivi.

« Si les Américains décident encore de se lancer dans une diplomatie publique et de faire des déclarations retentissantes (...) c’est leur affaire, et même leur problème », a-t-il ajouté, ajoutant que Washington « n’arrive pas » à travailler « calmement et de façon professionnelle » sur de nombreux sujets.

« Nous sommes BG, libérez BG »

De son côté, les sportifs et les ligues de basket professionnelles se mobilisent outre-Atlantique. Jeudi, la Ligue féminine nord-américaine de basket (WNBA) a qualifié la condamnation de Brittney Griner d’« injuste et regrettable » dans un communiqué conjoint avec la NBA, expliquant que la joueuse était « détenue à tort ».

« L’engagement de la WNBA en faveur de son retour en toute sécurité n’a pas faibli et nous espérons que se rapproche la fin de ce processus visant à ramener définitivement Brittney Griner aux États-Unis », a conclu la commissaire de la Ligue, Cathy Engelbert. La Fédération américaine de basket a elle aussi exprimé sa déception, mais pas sa surprise « compte tenu de ce que nous savons de la procédure ».

« Nous continuons à soutenir BG de toutes les manières possibles et restons engagés avec le département d’État américain qui œuvre pour la ramener à la maison. La bravoure dont Brittney fait preuve face à ces circonstances inimaginables témoigne de la personne qu’elle est et de la force qu’elle possède », a conclu USA Basket.

Pour le Phoenix Mercury, son équipe de WNBA au « cœur brisé », la condamnation de Brittney Griner marque une « étape importante » dans « le cauchemar qu’endure depuis 168 jours notre sœur, BG ». « Nous ne permettrons pas qu’elle soit oubliée », a ajouté le club de l’Arizona.

Avant le coup d’envoi d’un match de championnat WNBA à Connecticut, les joueuses du Mercury et du Sun ont observé 42 secondes de silence, en signe de soutien à celle qui porte ce chiffre habituellement sur son maillot. Rassemblées au centre du parquet de la Mohegan Sun Arena, les basketteuses se sont tenues toutes par la taille, têtes baissées, certaines en larmes, comme de nombreux spectateurs dans le public qui ont revêtu des t-shirts à l’effigie de la star du basket féminin, avec l’inscription « We are BG » (« Nous sommes BG »).

Avant cette rencontre, l’entraîneuse du Mercury, Vanessa Nygaard, avait confié : « Nous allons jouer, mais comment pouvons-nous nous concentrer sur ce match ? C’est un jour tellement émouvant pour nous. » « C’était vraiment dur de voir ’BG’ aujourd’hui et d’entendre ses mots. Les joueuses la regardaient. Les émotions se sont intensifiées au cours de la journée », avait-elle ajouté.

Plusieurs autres sportives et sportifs ont exprimé le même désarroi. « Voir BG derrière ces barreaux me brise le cœur. Je prie fort pour elle aujourd’hui » a tweeté Diamond DeShields, qui évolue au Sky de Chicago, équipe championne en titre de WNBA. S’adressant à Joe Biden, l’ancienne star du basket féminin Swin Cash, lui a demandé : « S’il vous plaît (...) ramenez Brittney Griner à la maison ! Nous ne cesserons pas de plaider en sa faveur... ».

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait déclaré la semaine dernière que Washington avait fait une « proposition substantielle » à Moscou pour libérer Griner et l’ancien marine américain Paul Whelan, emprisonné en Russie pour espionnage. « Pas possible ! 9 ans ? Ramenez notre sœur et amie à la maison. #FREEBG », a enfin appelé Grant Williams, ailier des Boston Celtics, battus en finale NBA en juin par Golden State. Ces « FREEBG » (« Libérez BG ») étaient relayés de toute part sur les réseaux sociaux.

L’agent de la joueuse, Lindsay Colas, a souligné sur Twitter que la condamnation « prouve ce que nous savons depuis le début, à savoir que Brittney est utilisée comme un pion politique ».

À voir également sur Le HuffPost : La star du basket américain Brittney Griner arrêtée en Russie

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