Brexit: L'UE ne s'attend pas à un accord d'ici vendredi

par Gabriela Baczynska
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par Gabriela Baczynska

BRUXELLES (Reuters) - Deux diplomates de l'Union européenne et un responsable du bloc ont déclaré jeudi ne pas s'attendre à la conclusion d'un accord entre Londres et Bruxelles sur leurs relations futures d'ici vendredi, la pêche demeurant un sujet de discorde entre les deux camps.

Une source au sein du Parlement européen a indiqué par ailleurs que le négociateur européen sur le Brexit, Michel Barnier, avait déclaré aux parlementaires qu'un accord "dans les prochains jours était possible mais difficile en raison en particulier du dossier sur la pêche".

L'AFP de son côté a rapporté que Michel Barnier avait déclaré qu'un accord était possible d'ici vendredi.

Selon les deux diplomates de l'UE qui se sont exprimés sous condition d'anonymat, Michel Barnier et son homologue britannique, David Frost, concentrent leurs discussions sur la pêche, dernier obstacle majeur à un accord global entre les deux camps.

Les sources européennes expliquent qu'un éventuel accord entre Londres et Bruxelles intégreraient des règles de quotas en fonction de divers types de poissons mais elles ajoutent que cela n'interviendrait pas d'ici vendredi.

La Grande-Bretagne souhaite reprendre le contrôle de ses zones de pêche le 1er janvier tandis que l'UE, avec la France en tête, exige des garanties à long terme pour ses pêcheurs.

"(Le Premier ministre britannique Boris) Johnson doit être en mesure de dire avant les prochaines élections britanniques qu'il a repris le contrôle des eaux britanniques", a déclaré un des diplomates. Ces élections sont prévues en 2024.

LES CHANCES D'UN ACCORD À MOINS DE 50%, DIT GOVE

Le ministre d'Etat britannique Michael Gove a estimé à moins de 50% les chances de parvenir à un accord, assurant que les dernières divergences entre les deux camps étaient "au coeur même" du mandat du gouvernement britannique.

"Je pense, malheureusement, qu'il y a plus de chances que nous n'obtenions pas un accord", a-t-il déclaré.

Dans la matinée, Michel Barnier avait pourtant fait état de "bons progrès" dans les discussions sur les relations futures entre Londres et Bruxelles tout en soulignant que les obstacles aux derniers points d'achoppement n'étaient pas levés.

"De bons progrès, mais les derniers points d'achoppement demeurent. Nous ne signerons qu'un accord protégeant les intérêts et les principes de l'UE", a-t-il déclaré sur Twitter. Il a ajouté qu'il s'agissait du dernier cycle de négociations avec la Grande-Bretagne.

L'Union européenne et la Grande-Bretagne sont encore "très éloignées dans des domaines clés" de leurs négociations commerciales, a cependant déclaré un responsable britannique.

Devant le Parlement, Michael Gove a dit pour sa part que la Grande-Bretagne redoublait d'effort pour parvenir à un "deal" mais que le Premier ministre Boris Johnson ne consentirait à un accord que s'il était dans l'intérêt du royaume.

La Grande-Bretagne a officiellement quitté l'UE en janvier dernier mais une période de transition court jusqu'au 31 décembre avant sa sortie effective.

Ce délai est censé permettre de définir le cadre de leurs futures relations mais des mois de négociations n'ont toujours pas permis d'aboutir, faisant craindre aux milieux économiques un Brexit désordonné source de chaos, notamment dans les ports britanniques, avec des problèmes d'approvisionnement du pays.

Les négociations butaient jusqu'à très récemment sur trois problèmes principaux: la pêche, les règles d'une concurrence équitable et le mécanisme de règlement des litiges.

(Gabriela Baczynska et John Chalmers à Bruxelles, William James, Elizabeth Piper, Guy Faulconbridge et Kate Holton à Londres; version française Claude Chendjou, édité par Jean-Michel Bélot)