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En Bretagne, neufs marins bloqués dans un bateau au large de Groix depuis plusieurs jours

La navire Blue Sky III, de 50 mètres de long, est bloqué au large de Lorient avec à son bord neuf hommes.
AJ Oostdijk / Marine Traffic La navire Blue Sky III, de 50 mètres de long, est bloqué au large de Lorient avec à son bord neuf hommes.

MER - Ceci n’est pas un nouveau téléfilm Netflix. Neufs marins de sept nationalités différentes sont bloqués dans un bateau, au large des côtes françaises. Depuis quatre jours, le navire Blue Sky III est coincé au large de Groix, à la suite d’une avarie moteur. À bord, la tension est même montée d’un cran : les vivres sont limités, les conditions météorologiques difficiles, et une rixe aurait éclaté entre plusieurs marins dimanche soir, rapportent conjointement ce lundi 4 décembre le Figaro et le Télégramme.

« La situation du Blue Sky III est suivie par la préfecture maritime, les différents Cross et la gendarmerie maritime », assure la Préfecture maritime de l’Atlantique auprès du Télégramme, ajoutant qu’en l’état, « il n’y a pas de caractère d’urgence ni d’élément alarmant ». Pourtant, l’inspectrice de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) pointe un réel risque pour les neuf marins, signalant ce dimanche des « quantités de nourriture restreintes ».

Le syndicat international des marins a en effet été contacté par trois marins georgiens du navire, espérant recevoir des vivres et être débarqués. Une intiative prise indépendamment de leurs collègues, de nationalité syrienne, chypriote, roumaine, grecque, birmane, et finlandaise. C’est cette nouvelle qui aurait été source de tensions dimanche soir.

Des arriérés de salaires « considérables »

D’abord prévu ce lundi, le débarquement des trois Géorgiens a été annulé « en raison des conditions météorologiques », a fait savoir la préfecture maritime de l’Atlantique. L’IFT indique qu’ils pourraient revenir sur la terre ferme ce mardi. De son côté, l’armateur a précisé qu’il doit faire liver des pièces pour réparer le bateau et des vivres dans les plus brefs délais. Mais au-delà du sauvetage actuel, les syndicats alertés par les marins pointent bien d’autres problèmes.

« Les arriérés de salaires sont considérables, car aucun salaire n’a été perçu depuis le début de leur contrat », dénonce la CGT des Marins du Grand Ouest, en contact avec les trois marins georgiens. Tous les hommes à bord sont payés « en dessous des minima internationaux », renchérit Laure Talloneau, inspectrice maritime pour l’ITF. Celle-ci pointe que le bateau bat pavillon tanzanien, « l’un des pires pavillons au monde » en matière de respect du droit international. « Il est très rare de voir des bateaux avec le pavillon de la Tanzanie en Europe tellement ils sont pourris », ajoute-t-elle.

Plus encore, l’IFT dénonce des quantités de nourriture restreintes, du matériel de sécurité défaillant, et des lavabos insalubres. Des faits niés par l’armateur. Le navire de 50 mètres de longs venait du port de Rotterdam et devait se diriger vers les côtes chypriotes, lorsqu’il a été contraint au mouillage près de Lorient à cause de son moteur. Il devait justement faire l’objet de réparation à Chypre, a assuré son armateur à l’IFT. Les syndicats réclament de concert une inspection du bateau, aussi bien technique que sociale.

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