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Boxe: "J’étais alcoolisé du matin au soir", le témoignage fort de Jérôme Thomas, double médaillé olympique

Il a tutoyé les sommets de son sport. Avant de tomber au plus bas. Seul boxeur tricolore à avoir décroché deux médailles olympiques (bronze en 2000 à Sydney, argent en 2004 à Athènes) et premier Français champion du monde amateur de boxe (2001 à Belfast), Jérôme Thomas a ensuite sombré dans l’alcoolisme.

Auprès de L’Equipe, l’ancien boxeur, aujourd’hui âgé de 44 ans et retraité depuis une douzaine d’années, est revenu en détails sur son long combat contre la dépendance. Pour lui, tout a débuté en plein milieu de l’adolescence. "J’ai commencé à 16 ans, quand j'ai pris une cuite à mon premier stage en équipe de France pour faire comme les grands, se remémore-t-il. Quand je suis rentré, Brahim Asloum, avec qui j'étais dans la même chambre, a dû me déshabiller et me mettre sous la douche."

"Si je rebois, je meurs"

Abstinent depuis plus de trois mois, Jérôme Thomas parvient à sortir la tête de l’eau progressivement. Mais, pendant de très nombreuses années, il est passé par de terribles moments de détresse. "Je ne pouvais pas demander de l'aide, alors que j'étais alcoolisé du matin au soir. Le matin, avant même que les cafés soient ouverts, j'allais à la boulangerie acheter des canettes. Je ne mangeais plus, je suis tombé à 50 kg."

Alors qu’il réside à Saint-Quentin, dans l’Aisne, il se réveille un jour au bord de la mer. Pensant se trouver dans les Hauts-de-France ou en Normandie, il se rend finalement compter qu’il a atterri… à côté de Bordeaux, à environ 750 km de chez lui.

Employé au service des sports de la mairie de Saint-Quentin, qui l’a même nommé ambassadeur de la ville pour les Jeux olympiques de Paris, l’ancien boxeur est sorti de cure de désintoxication le 10 novembre dernier. "Je sais que ce sera tous les jours un combat, conclut auprès de L’Equipe. J'ai envie de faire passer un message. Vous m'avez jugé: 'Il est beau le boxeur, c'est un ivrogne'. Mais je reste un être humain. J'avais une grosse faiblesse, je viens de me l'enlever. Je ne vais pas vous mentir, si je rebois, je meurs. Avec les médicaments que je prends, une bière me tuerait."

Article original publié sur RMC Sport