Bompard juge qu'une "gifle n'est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours" et suscite la polémique

Le député de la France insoumise est revenu sur l'affaire Adrien Quatennens, dénonçant le traitement médiatique qui en est fait, appelant à "la nuance". "Une gifle n'est pas égale à une personne qui est accusée de viol après avoir drogué les personnes qui l'accusent", juge-t-il encore.

La polémique n'en finit pas de rebondir. Depuis qu'Adrien Quatennens a reconnu avoir giflé son épouse et s'être retiré de ses fonctions de coordinateur de la France insoumise, plusieurs lieutenants de la France insoumise sont montés au créneau pour le défendre, à commencer par Jean-Luc Mélenchon. C'est au tour de Manuel Bompard de donner sa grille de lecture.

"Une gifle n'est pas égale à une personne accusée de viol", défend Bompard

À la première tempête médiatique liée à Adrien Quatennens, s'est ajoutée une seconde, après un tweet de Jean-Luc Mélenchon dans lequel il saluait "la dignité et le courage" de son lieutenant, avant de nuancer ses propos dans un second tweet.

"Je pèse mes mots tout le temps", a-t-il cependant assuré jeudi au micro de BFMTV.

Ses propos ont cependant suscité un malaise au sein même de son mouvement, de Clémentine Autain à Manon Aubry, en passant par Danièle Obono.

"Une gifle n'est pas égale à une personne qui est accusée de viol après avoir drogué les personnes qui l'accusent. En tout cas, ce sont les accusations portées à son encontre", ajoute Manuel Bompard sur CNEWS, faisant référence à l'ancien ministre Damien Abad.

Bompard appelle à "la nuance"

L'ex-membre du gouvernement d'Élisabeth Borne a quitté l'exécutif en juillet dernier, accusé de viols par quatre femmes. Il est actuellement visé par une enquête pour tentative de viol.

"Il faut qu'on arrive sur ces sujets à avoir de la nuance, à avoir des principes que l'on doit respecter et prendre en compte la parole de celles qui s'expriment sur ce type de sujet", juge encore l'élu LFI.

"Des mots qui minimisent les actes", juge Rousseau

Ses propos ont choqué sur les bancs des écologistes, qui sont membres de la Nupes.

"Une gifle à sa conjointe est un délit. C’est ça qu’il faut bouger. Tous ces mots-là sont des mots qui minimisent les actes à la fin", a jugé Sandrine Rousseau sur LCI ce vendredi.

La députée EELV avait déjà pris ses distances avec les tweets de Jean-Luc Mélenchon.

"Ce que tu racontes sur la gifle c’est aussi d’une bêtise politique crasse. Se prétendre de gauche et 'oublier' le système de domination. Allez. Taisez-vous et réfléchissez", lui a lancé de son côté Raphaëlle Rémy-Leleu, conseillère écologiste de Paris.

"Taisez-vous maintenant", lance Schiappa

La majorité présidentielle n'a guère été plus tendre. Marlène Schiappa, ancienne secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, dénonce des mots qui font "un tort considérable au combat pour la protection des femmes face aux violences".

"On va vraiment en revenir à débattre pour savoir si frapper une femme, c'est acceptable? Stop!", indique encore celle qui est désormais en charge de l'Économie sociale et solidaire.

"Ceux qui minimisent les violences conjugales les légitiment. Ils en sont donc les complices", analyse de son côté le député Renaissance Sacha Houlié, président de la commission des lois sur son compte Twitter.

Adrien Quatennens est en retrait du "travail parlementaire". Sa démission n'est pas à l'ordre du jour, a assuré Mathilde Panot, la présidente du groupe à l'Assemblée nationale.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Mathilde Panot sur l'affaire Quatennens: "Tout le monde est d'accord dans le groupe pour dire qu'Adrien Quatennens ne doit pas démissionner"