Boire de l'alcool de façon modérée améliorerait les fonctions cognitives

Togetherness concept: group of friend hands holding the glasses of wine making a toast in a outdoor bar.

Selon les chercheurs de l’Université de Georgie, consommer de l’alcool de façon modérée améliorerait les fonctions cognitives. Des résultats qui s’opposent à une autre étude déjà parue sur le sujet.

Pique-nique dans les champs, soirées entre amis en respectant les gestes barrières, mariage en petit comité… Depuis le déconfinement et en cette période estivale, les occasions pour trinquer se multiplient. Et bonne nouvelle : boire de manière raisonnable n’aurait pas d’incidence sur notre santé. C’est du moins ce que suggère une étude de l’Université de Georgie. Selon les chercheurs, la consommation faible à modérée d’alcool pourrait même améliorer la fonction cognitive des adultes. On entend par consommation faible à modérée dix verres d’alcool par semaine, soit deux verres par jour maximum avec des jours dans la semaine sans en boire, selon un rapport de Santé Publique France.

Nous savons qu’il y a des personnes âgées qui croient que boire un peu de vin tous les jours pourrait maintenir un bon état cognitif”, a déclaré l’auteur principal de l’étude Ruiyuan Zhang. C’est ce qu’ils ont voulu savoir. Les scientifiques ont ainsi suivi, pendant dix ans, près de 20.000 personnes. Les participants ont répondu tous les deux ans à des sondages sur leur état de santé et leur mode de vie, y compris des questions sur leurs habitudes de consommation d’alcool. Ils ont également évalué leur fonction cognitive au travers d’une série des tests. Des résultats qu’ils ont compilés.

Des études contradictoires

Comparativement aux non-buveurs, ils ont constaté que ceux qui buvaient un verre ou deux par jour avaient tendance à mieux performer aux tests cognitifs au fil du temps. “Il existe désormais de nombreuses preuves observationnelles montrant que la consommation d’alcool légère à modérée est associée à une meilleure fonction cognitive et à un risque de démence inférieur à celui de l’abstinence d’alcool”, a déclaré Kaarin Anstey, directeur du NHMRC Dementia Center for Research Collaboration en Australie, qui n’a pas participé à l’étude, au journal CNN.

Cette étude est toutefois à prendre avec beaucoup de précaution. Car une étude mondiale majeure publiée l’année dernière a révélé qu’aucune quantité d’alcool, de vin ou de bière n’était sans danger pour la santé. L’alcool serait même le principal facteur de maladie et de décès prématuré chez les hommes et les femmes âgés de 15 à 49 ans dans le monde en 2016. Il serait à l’origine de près d’un décès sur 10. "Ce que nous savons avec certitude, c'est que boire trop d'alcool nuit définitivement au cerveau de manière majeure. Ce qui est moins clair, c'est si oui ou non une consommation faible à modérée peut être protectrice chez certaines personnes, ou si l'abstinence totale est le meilleur conseil,", a confié le neurologue Dr Richard Isaacson, fondateur de la Clinique de prévention d'Alzheimer au NewYork-Presbyterian et au Weill Cornell Medical Center. "Sur la base d'études contradictoires, je ne pense pas pour le moment que nous puissions savoir avec certitude si aucune consommation faible ou modérée n'est meilleure pour chaque personne", a déclaré le Dr Isaacson, qui n'a participé à aucune des deux études.

L’alcool en France

Selon Santé Publique France, 23,6% des personnes de 18 à 75 ans dépassaient les repères de consommation en 2017. 87% des 18-75 ans déclarent consommer de l’alcool au moins une fois par an, 26% des 65-75 ans disent boire de l’alcool quotidiennement. Pis, 13,4% des 18-24 ans déclarent au moins 10 ivresses par an. Parmi les régions consommant le plus d’alcool, on retrouverait l’Occitanie (en 2017, 12,6% des habitants âgés de 18-75 ans buvaient tous les jours), devant l’Aquitaine (12,3%) et les Hauts-de-France (11,5%).

Ces données confirment les tendances observées en Europe. Même si les pays européens conservent des caractéristiques culturelles spécifiques, en termes de préférences de consommation comme de pratiques d’alcoolisation, les comportements tendent à s’uniformiser depuis quelques décennies en population générale comme parmi les adolescents”, estime Santé Publique France avant de relever. “Ainsi, en France, on note une consommation régulière plus faible et une augmentation des consommations ponctuelles importantes”.

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