Le Monde selon Ravanello

Derrière le masque, la polémique

Derrière le masque, la polémique. AFP/Issouf Sanogo
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AFP
ven. 29 mars 2013 15:00 HNEC


"Tu fais tes bagages et tu rentres"
. Cinq jours après la publication de la photo devenue emblématique de l’action des forces spéciales françaises engagées aux Mali, on sait que le soldat à la tête de mort a senti passer l’orage. Retour au bercail, conseil de discipline et à l’arrivée 40 jours de sanction. Même si on se refuse à confirmer l’information, au cabinet du ministre on a peu apprécié l’image de "warrior" donnée par le cliché. Là où les Américains sont dans la surenchère, les Français sont appelés à se tenir. Surtout pour une mission où la France veut apparaitre comme étant "au service du Mali" et pas en terrain conquis.

Et pourtant. Jusqu’à présent, le foulard du légionnaire n’avait dérangé personnes dans sa hiérarchie. Au Tchad, où il était stationné, il le portait depuis trois mois sans avoir été réprimandé. Au Mali, le jour où un photographe de l’AFP prend la photo, il est en mission de sécurisation quand un hélicoptère se pose dans un nuage de poussière près d’un convoi. Pour se protéger, le légionnaire monte son foulard à tête de mort sur son visage. Le photographe explique alors : "J’ai repéré ce soldat qui portait un drôle de foulard et j’ai pris la photo. Sur le moment, je n’ai pas trouvé la scène particulièrement extraordinaire, ni choquante. Le soldat ne posait pas. Il n’y a aucune mise en scène dans cette image".

Il n’est pas au combat, il n’effraye pas femmes et enfants avec son masque et pourtant c’est l’impression que va donner la photo, reprise par tous les news magazine. Les civils des ministères goutent peu le plastronnage de rigueur dans les rangs. Certains verront dans cette image une référence à un personnage du jeu vidéo Call Of Duty (Simon Ghost Riley) où l’idée reste quand même de dézinguer le maximum de personnes en un minimum de temps. Pas vraiment dans l’esprit de l’opération Serval. Le légionnaire l’aura appris à ses dépens. Mais la légion en a vu d’autre...

Olivier Ravanello

Après des débuts au service international de LCI où il devient grand-reporter notamment au Proche et au Moyen-Orient, Olivier Ravanello remporte la 2e place du prix Bayeux pour son reportage La police israélienne face aux attentats-suicides. Deux mois de reportages dans l'Irak en guerre, la couverture de la réélection de George Bush Junior, son poste de correspondant permanent à Moscou pour TF1 et LCI et le prix de la presse diplomatique ont fait de lui un véritable expert en questions internationales. Depuis son arrivée à i>TELE en 2009, Olivier Ravanello est ainsi le spécialiste des questions internationales pour la chaîne. A la rentrée 2012, il présente plusieurs chroniques Le Monde en plus à 19h20 et Le Monde ne dort jamais à 23h15.

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