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Blocages des agriculteurs : jouissent-ils d’un traitement de faveur de la part des forces de l’ordre ?

Depuis qu’a commencé le mouvement de colère du monde agricole, les critiques d’un deux poids deux mesures bénéficiant aux agriculteurs se multiplient.

AGRICULTEURS - Environ 90 gardes à vue. Mercredi 31 janvier en fin d’après-midi, quelques dizaines d’agriculteurs ont été interpellées à Rungis où ils s’étaient introduits malgré l’interdiction faite par les forces de l’ordre. Avant cela, le mouvement de colère du monde agricole n’avait pas suscité beaucoup d’opposition de la part des policiers et gendarmes.

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Quelques vidéos avaient même semblé montrer l’inverse, quand des véhicules de gendarmerie escortaient des tracteurs pour gagner le centre de certaines préfectures. Et quand les autoroutes furent bloquées, aucun moyen n’a été utilisé pour rendre la chaussée aux automobilistes.

De quoi faire naître un procès en « deux poids deux mesures » dans le traitement des agriculteurs par rapport à celui d’autres manifestants depuis le quinquennat d’Emmanuel Macron. Interrogé sur le sujet, Gérald Darmanin avait accrédité l’idée en expliquant sur TF1 qu’on « ne répond pas à la souffrance en envoyant les CRS ».

Comme il l’explique dans la vidéo en tête d’article, notre reporter, familier des manifestations depuis une petite décennie, ne peut lui aussi que constater ces différences. Et les agriculteurs qu’il a pu interroger sur les barrages sont eux-mêmes conscients qu’ils jouissent d’un traitement différent.

Celui-ci peut s’expliquer par les moyens d’action à disposition des agriculteurs. « Les écologistes ne viennent pas avec des tracteurs et des remorques. Les gendarmes se disent “oh là, on ne va peut-être pas les pousser de la même façon” », souriait Arnaud agriculteur dans l’Oise. La gestion très politique du maintien de l’ordre explique aussi les précautions prises par le ministre de l’Intérieur et les préfets pour gérer cette crise face à des agriculteurs très populaires. 85 % des Français interrogés par Elabe pour BFMTV disent en effet soutenir ou avoir de la sympathie pour ce mouvement.

VIDÉO -Manifestations des agriculteurs : Le point sur les blocages du 1er février

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