Beyrouth ou l’empire de l’outrenoir

Photo Amélie Perraud-Boulard

« C’est beau une ville la nuit », écrivait Richard Bohringer. Autant dire qu’il aurait adoré Beyrouth – et de manière plus générale le Liban. Ma première arrivée fut nocturne. Et l’obscurité m’a frappée à peine sortie de l’aéroport. Ce dernier n’est pourtant pas situé en rase campagne. Sur la route, les quelques illuminations ne provenaient que des phares des voitures et des rares appartements éclairés. Voir les piétons sur la chaussée, les motos non éclairées relève alors du challenge. J’imagine aussi bien le nombre d’entorses que peut engendrer cette situation au vu de l’état des trottoirs et de la chaussée…

On connaît l’effort de nombreuses villes occidentales pour limiter leur empreinte lumineuse à des fins écologiques. Pourtant, on perçoit bien vite que telle n’est pas l’origine de la ténébreuse ambiance beyrouthine. C’est plutôt se retrouver confronté de plein fouet à une réalité libanaise : le problème de l’approvisionnement en électricité, faute de possibilité d’acheter du fioul afin de faire fonctionner les centrales électriques. Sans compter le délabrement des installations, à l’image du bâtiment de l’Électricité du Liban, situé en plein coeur de la ville. Actuellement, les services publics fournissent entre 0 et 1 heure d’électricité, par jour. Royal.

Le ronronnement du générateur

Alors concrètement, comment se passe la vie dans un pays qui ne s’avère pas des plus fiables sur le plan énergétique ? Pour résumer de manière très basique : pour ceux qui en ont les moyens, il faut se fier à des générateurs privés de quartier (installés après la guerre). Certains immeubles disposent également de ces équipements. Pour les plus démunis, c’est la vie sans électricité. Avec des conséquences directes, telles que devoir se passer d’un frigo, d’un ascenseur, par exemple. On voit aussi des solutions alternatives se mettre en place : l’installation de panneaux solaires ou le recours à des UPS (machines permettant de maintenir l’alimentation électrique en cas de coupure), mais là encore le coût n’est pas accessible pour tous.

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