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Les bernard-l’ermite troquent leur coquille pour des bouts de plastique qui polluent les océans

Avoir une coquille artificielle est désormais une mode pour les bernard-l’hermite
Shawn Miller /Science of total environment Avoir une coquille artificielle est désormais une mode pour les bernard-l’hermite

ENVIRONNEMENT - Les bernard-l’ermite sont connus pour leurs coquilles magnifiques empruntées à d’autres espèces. Mais selon une étude publiée le 25 janvier dans Science of the total environment, ces crustacés ont désormais une nouvelle cachette : les bouts de plastique qui polluent les fonds marins.

Selon une estimation faite par la Commission européenne, entre 5 et 13 millions de tonnes de plastique sont déverséss dans les océans chaque année. Face au poids de plus en plus lourd de la pollution des mers, ces animaux ont dû faire avec.

À partir des photos partagées sur les réseaux sociaux et sur les sites spécialisés de photos sous-marines, les scientifiques ont repéré 386 spécimens présentant cette nouvelle habitude. Dix espèces de bernard-l’ermite terrestre sur 16 commencent à remplacer leur coquille par des bouts de plastique, surtout des bouchons de bouteille.

De coquille à plastique

À la différence d’autres crustacés, les bernard-l’ermite présentent un abdomen mou vulnérable face au soleil et aux autres animaux. Pour se protéger, ils cachent alors cette partie du corps dans une coquille, volée à un autre animal, qu’ils changent au fur et à mesure que leur corps grandit.

Le bernard-l’ermite choisit des débris pour en faire une toute nouvelle coquille
Science of the total environment Le bernard-l’ermite choisit des débris pour en faire une toute nouvelle coquille

Face à la baisse du nombre des mollusques et donc des coquilles à disposition, les bernard-l’ermite ont trouvé une option également valable et avantageuse : un abri en plastique, plus simple à trouver vu la quantité de déchets dans nos mers. Selon les experts, les objets en plastique seraient par ailleurs plus confortables et plus légers à transporter. Ce qui se révèle ainsi une stratégie très efficace pour échapper aux prédateurs : les bernard-l’ermite peuvent se cacher rapidement dans leurs coquilles artificielles, en se camouflant parmi les déchets sur le fond de l’océan.

Les bouchons, une technique de séduction

La coquille n’a pas seulement la fonction d’abri. Les mâles utilisent en effet cet habit pour se pavaner devant les femelles. Lors de l’accouplement, celles-ci utilisent ce critère pour choisir leur partenaire, en fonction de la taille et d’autres facteurs indiquant le niveau de fertilité du mâle. S’habiller avec un bouchon de plastique bien visible et plus grand de taille pourrait alors être une toute nouvelle technique de séduction mise au point par les mâles.

Le bernard-l’ermite choisit des débris pour en faire une toute nouvelle coquille
Science of total environment Le bernard-l’ermite choisit des débris pour en faire une toute nouvelle coquille

Cette capacité d’adaptation qu’on enregistre de plus en plus chez les animaux n’a néanmoins pas que du positif. Quand un bernard-l’ermite meurt, il émane des signaux olfactifs, pour indiquer qu’il laisse une coquille à disposition des autres. Or, les matériaux en plastique dans la mer émanent cette même substance, attirant facilement les crustacés. Mais ce qui les attend est souvent une fin tragique. Selon une étude parue en 2020, 570 000 crabes meurent chaque année coincés dans les débris sur les îles tropicales alors qu’ils cherchaient un nouveau foyer.

Les scientifiques s’inquiètent aussi des conséquences que ces nouvelles pratiques pourraient avoir sur l’évolution de l’espèce bernard-l’ermite. Bien qu’ils se soient adaptés au nouvel environnement, les matériaux en plastique impactent directement la reproduction de l’animal. Il faudra alors attendre d’autres études pour évaluer la portée de ses conséquences.

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