Beauvais: trois jeunes jugés pour avoir torturé un étudiant afin de lui soutirer son code de carte bancaire

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Une carte bancaire (PHOTO D'ILLUSTRATION) - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
Une carte bancaire (PHOTO D'ILLUSTRATION) - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Des coups par dizaines, des brûlures au briquet, une clef enfoncée dans les yeux... Deux hommes et une femme sont jugés depuis ce lundi devant les assises de l'Oise pour avoir torturé un étudiant à qui ils voulaient extorquer son code de carte bancaire.

La victime, un étudiant parisien de 25 ans originaire des Yvelines, avait été retrouvée grièvement blessé le 19 avril 2017 au petit matin, dans un champ près des étangs de Boran-sur-Oise (Oise). Laissé pour mort, entièrement nu par -4 degrés, il était en état d'hypothermie.

Quelques heures plus tôt, il avait rencontré les accusés (ainsi qu'un mineur qui sera jugé plus tard), à bord de leur véhicule, après une soirée à Paris. Les quatre jeunes s'en étaient alors violemment pris à lui, pour dérober ses biens et lui faire avouer son code de carte bleue.

Retrouvés grâce à la téléphonie

Les mis en cause - deux hommes de 23 ans au moment des faits et une jeune femme alors âgée de 17 ans et un mineur de 14 ans - sont jugés pour violences, extorsion, torture et actes de barbarie, séquestration et vol.

Ils ont été retrouvés grâce à la téléphonie. Leur Audi A3 a également été filmée par des caméras de vidéosurveillance. Selon certaines déclarations tenues en garde à vue, le conducteur et propriétaire du véhicule, Montassar H., est à l'initiative de l'agression, ce qu'il nie.

À l'audience, K., le mineur soupçonné d'avoir participé, interrogé comme témoin, a plutôt chargé un comparse, Marvin T.

"Il avait tenté de lui crever les yeux avec une clef"

"C'est Montassar qui nous emmène. Il a dit qu'on allait le voler. Mais on ne devait pas le frapper. Mais Marvin était alcoolisé et il a commencé à le frapper. Et ça a dégénéré. J'ai commencé à le frapper: coups de pied et coups de poing au visage et au dos", raconte-t-il devant la cour.

"Il criait. Il avait mal", poursuit-il. "J'ai pas pris conscience de la gravité sur le moment". La victime - présente à l'audience - donne alors un premier code, que Montassar H. s'empresse de tester à un distributeur automatique, accompagné d'Emilie D.

Mais "le code qu'il nous a donné était faux. Alors on a continué à le frapper pour qu'il nous donne le bon code. Ensuite, Emilie, petite amie de l'époque de Marvin, lui a demandé de se calmer, car il avait tenté de lui crever les yeux avec une clef. J'ai frotté la clef dans la terre pour essayer d'enlever le sang", détaille K.

Brûlures, déshabillage et tentative de viol

Les agresseurs déshabillent l'étudiant, tentent de lui brûler les sourcils et d'autres parties du corps à l'aide d'un briquet, ou encore de lui enfoncer une branche dans l'anus.

Visiblement peu ému à l'évocation de ces violences, Marvin T. reconnait les coups. "Mais je ne me souviens pas de tout. J'avais bu, j'avais fumé du cannabis. Je regrette. Je n'étais pas dans mon état normal", assure-t-il.

Montassar H., lui, nie les coups, confirmant seulement avoir tenté de récupérer de l'argent. "J'avais peur que la victime soit décédée. Je suis allé voir s'il était encore en vie avant de quitter les lieux", lance-t-il. Verdict vendredi.

Article original publié sur BFMTV.com

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