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Bastien Vivès: une deuxième association porte plainte pour "diffusion d'images pédopornographiques"

L'auteur de BD Bastien Vivès en 2021 - Joel Saget - AFP
L'auteur de BD Bastien Vivès en 2021 - Joel Saget - AFP

Bastien Vivès et les maisons d'édition Glénat et Les Requins Marteaux sont visés par une nouvelle plainte pour "diffusion d'images pédopornographiques". Après l'association Innocence en danger lundi, la Fondation pour l'enfance a déposé mercredi une plainte, selon les informations de FranceInfo.

Sont visés La Décharge mentale (Les Requins Marteaux, 2018), Les Melons de la Colère (Les Requins marteaux, 2011) et Petit Paul (Glénat, 2018), trois albums qui "livrent des représentations de mineurs, dans des situations sexuellement explicites, présentant indubitablement un caractère pornographique", selon la plainte.

Dans Les Melons de la colère, "Bastien Vivès met en scène Magalie, jeune fille mineure, qui subit des agressions sexuelles et viols à répétition", peut-on lire dans la plainte envoyée au procureur de la République de Nanterre.

"Des relations incestueuses sont également mises en scène entre Magalie et son frère, Petit Paul", dont "l'absence de consentement" est "présentée comme évidente", insiste l'association, pour qui La Décharge mentale met aussi en scène "des agressions sexuelles sur de très jeunes enfants".

"Une image dégradante des mineurs"

En France, les représentations à caractère pornographique de mineurs sont interdites depuis 1994. Selon l'article 227-23 du Code pénal, "le fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d'enregistrer ou de transmettre l'image ou la représentation d'un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende".

L'association Innocence en danger a déposé plainte pour des infractions de pédopornographie visant l'auteur de bandes dessinées Bastien Vivès et les maisons d'édition qui ont publié trois de ses oeuvres en 2011 et 2018.

"Ces ouvrages présentent une image dégradante des mineurs qui sont soumis à des traitements inhumains et crus", estime l'association dans sa plainte, révélée par RMC.

Exposition annulée

Bastien Vivès, 38 ans et figure du 9e art, devait être à l'honneur avec l'exposition "Dans les yeux de Bastien Vivès", prévue à Angoulême pendant le Festival de la bande dessinée, fin janvier. Mais la direction du festival a annoncé la semaine dernière l'annulation de cette exposition, invoquant des "menaces" qui ont visé l'auteur et les organisateurs.

En 2018, après la parution de Petit Paul, les éditions Glénat s'étaient défendues en affirmant qu'"aussi obscène et provocatrice qu'on puisse la considérer, cette oeuvre de fiction n'a jamais pour vocation de dédramatiser, favoriser ou légitimer l'abus de mineur de quelque manière que ce soit".

Un signalement, adressé à l'époque par l'association Face à l'inceste demandant le retrait de cette BD, a été classé sans suite pour "absence d'infraction" en février 2019, selon le parquet de Nanterre, sollicité par l'AFP.

Article original publié sur BFMTV.com