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Bassines de Sainte-Soline : trois militants condamnés à de la prison avec sursis

Trois militants anti-bassines de Sainte-Soline ont été condamnés ce mercredi 17 janvier à de la prison avec sursis. (Photo d’illustration prise à Sainte-Soline le 29 octobre 2022)
PASCAL LACHENAUD / AFP Trois militants anti-bassines de Sainte-Soline ont été condamnés ce mercredi 17 janvier à de la prison avec sursis. (Photo d’illustration prise à Sainte-Soline le 29 octobre 2022)

ENVIRONNEMENT - Dans les Deux-Sèvres, ils étaient des milliers en mars 2023 à être venus militer contre ces gigantesques réserves d’irrigation. Trois opposants aux « bassines », ont été condamnés ce mercredi 17 janvier à des peines comprises entre 6 et 12 mois de prison avec sursis pour l’organisation de manifestations interdites à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, émaillées de violents heurts avec les forces de l’ordre.

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Le premier, Julien Le Guet, porte-parole du collectif Bassines non merci (BNM), a été condamné à 12 mois avec sursis, conformément aux réquisitions, et à une interdiction de paraître pendant trois ans à Sainte-Soline et Mauzé-sur-le-Mignon, où se trouve la première des 16 bassines contestées en projet.

Les militants font appel

Quant aux deux autres, Joan Monga, alias Basile Dutertre, et Nicolas Garrigues, alias Benoît Feuillu, deux membres du collectif Les Soulèvements de la Terre, ils ont écopé respectivement de neuf et six mois de prison avec sursis. Ils ont aussi l’interdiction de paraître dans les Deux-Sèvres.

« Nous espérions avoir un juge indépendant. Au contraire, nous avons eu un jugement politique avec un juge aligné sur des positions gouvernementales à l’envers du bon sens et de l’urgence climatique », a réagi Julien Le Guet, dénonçant « l’argumentaire clairement pro-bassines du juge ». Vêtu d’un sweat-shirt portant la mention « éco-terroriste », il a appelé à « continuer la bataille sur le terrain, sur le plan juridique et politique ».

Il a ensuite indiqué lors d’une visioconférence de presse faire appel de cette décision comme quatre des huit autres prévenus, d’autres organisations souhaitant soumettre cette décision à leurs assemblées générales. Parmi ceux qui font appel figurent Basile Dutertre et Benoît Feuillu.

Guerre de l’eau

Benoît Feuillu a, lui, dénoncé « des peines de bannissement politique » visant « des personnes parce qu’elles auraient pris la parole pour un mouvement ». « C’est absolument scandaleux », a ajouté le militant, qui s’était présenté à l’audience comme simple « lanceur d’alerte », niant comme les autres prévenus être l’organisateur des manifestations interdites.

Le tribunal correctionnel de Niort a également prononcé des amendes contre les six autres prévenus pour leur implication dans quatre mobilisations survenues autour des chantiers contestés dans le Poitou entre le 26 mars 2022 et le 25 mars 2023. Parmi eux figuraient deux membres de la Confédération paysanne, deux syndicalistes locaux affiliés respectivement à la CGT et Solidaires, un membre de BNM et un agriculteur bio.

Ces « réserves de substitution », qui visent à stocker de l’eau puisée dans les nappes en hiver afin d’irriguer les cultures en été, sont pour leurs partisans une assurance-récolte indispensable à leur survie face aux sécheresses à répétition. À l’inverse, leurs détracteurs décrivent un « accaparement » de l’eau par l’agro-industrie.

Nouvelle mobilisation avant les JO de Paris

Après de premières violences lors de la manifestation d’octobre 2022 à Sainte-Soline, la manifestation de mars 2023 avait dégénéré rapidement en affrontements avec les gendarmes, faisant de nombreux blessés. Deux manifestants ont passé plusieurs semaines dans le coma.

Dans un rapport, la Ligue des Droits de l’Homme a dénoncé un « usage disproportionné » des armes (grenades lacrymogènes, LBD) par les forces de l’ordre. Une commission d’enquête parlementaire a conclu pour sa part mi-novembre à la « responsabilité écrasante » des trois mouvements qui avaient appelé à manifester à Sainte-Soline, en dépit d’interdictions préfectorales.

Une prochaine mobilisation contre les « bassines » est annoncée en juillet prochain dans le Poitou, juste avant les Jeux olympiques de Paris.

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