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Bassine de Sainte-Soline : les élus EELV assument leur présence dans les Deux-Sèvres malgré les critiques

Présents à Sainte-Soline, les élus EELV, dont Sandrine Rousseau, assument malgré les critiques
PASCAL LACHENAUD / AFP Présents à Sainte-Soline, les élus EELV, dont Sandrine Rousseau, assument malgré les critiques

POLITIQUE - Les bassines de la discorde. Plusieurs milliers de militants se sont réunis ce samedi 29 octobre à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, pour s’opposer à un projet de retenue d’eau prévue pour l’irrigation agricole, aussi appelée « mégabassine », avant que des heurts violents n’éclatent avec les forces de l’ordre.

Résultat des courses, à la fin de la journée : 61 blessés côté gendarme, une cinquantaine parmi les manifestants. Un lourd bilan qui témoigne de la vive tension sur place, alors que le rassemblement était interdit par la préfecture. De quoi donner un tour politique à ce dossier local très controversé, à l’heure où la mobilisation des opposants semble s’inscrire dans la durée.

Plusieurs voix s’élèvent, dans ce contexte, pour dénoncer la présence sur la zone de plusieurs cadres d’Europe écologie-Les Verts. L’ancien candidat à la présidentielle Yannick Jadot est notamment venu apporter son son soutien aux militants, samedi, tout comme son collègue au Parlement européen Benoît Biteau, ou les députées Sandrine Rousseau et Lisa Belluco.

« Dérive de l’écologie politique » contre « désobéissance sans violence »

« Que faisaient dans cette manifestation des parlementaires de la République ? », a par exemple interrogé François-Xavier Bellamy au lendemain de la manifestation marqué par ces violents affrontements. Invité du grand rendez-vous Europe1/Les Echos/CNews, l’eurodéputé LR y a vu « le symptôme d’une certaine gauche, d’une certaine dérive de l’écologie politique qui renonce aux principes mêmes de la démocratie, aux principes de la vie civique ».

Pour lui, les élus écologistes « ont le droit de faire valoir leurs arguments »« Je ne dénonce pas leurs positions politiques », a-t-il précisé –, mais « quand une manifestation est interdite, on ne viole pas cette interdiction ».

Dans le même esprit, Louis Aliot, le maire de Perpignan et candidat à la présidence du RN a dénoncé un « mépris pour les règles républicaines », sur LCI. « Tout cela est profondément inadmissible », estimait pour sa part le député Renaissance, et porte-parole du groupe à l’Assemblée, Benjamin Haddad samedi soir sur BFMTV, en évoquant des « casseurs soutenus par des élus de la Nupes sur le terrain ». « Apporter son soutien à une manifestation interdite revient à cautionner ces désordres, surtout pour un élu de la république », abonde sur Twitter sa collègue dans la majorité Marie Lebec.

Face à ce tir groupé, les principaux critiqués assument. Invité de BFMTV ce dimanche à la mi-journée, Sandrine Rousseau a répété son soutien à « une désobéissance sans violence, surtout quand il s’agit d’écologie », pour justifier sa présence malgré l’interdiction de la manifestation. « C’est un projet qui est grave », a-t-elle ajouté, avant de critiquer la décision préalable de ne pas autoriser ce rassemblement et de condamner toutes les violences qui s’y sont déroulés.

Une nouvelle ZAD ?

Outre les élus qui renouvellent leur soutien, sur les réseaux sociaux, aux opposants au projet de « mégabassine », comme Yannick Jadot, Lisa Belluco ou Marine Tondelier, Sandra Regol pointe du doigt le ministre de l’Intérieur après les heurts de samedi. Pour elle, « c’est encore une fois Gérald Darmanin qui déploie des politiques de maintien de l’ordre dont on a vu l’échec total au stade de France (...) qui est misent en cause. C’est lui qui met en danger les forces de l’ord ». »

Pas de quoi démobiliser les militants sur place. Au contraire, les opposants au projet veulent inscrire leurs actions dans la durée, le terrain privé qu’ils occupent, prêté par un agriculteur, étant disponible jusque mi-mai. « Cela va être notre base pour les prochaines actions contre le chantier s’il venait à redémarrer. ZAD ou pas ZAD, ça va être dans ces termes-là », a assuré à l’AFP Julien Le Guet, porte-parole du collectif « anti-bassines ». Des tours de guet ont été édifiées dimanche sur le site. « Une vigie pour ancrer la lutte sur ce terrain, pour être en capacité de voir venir l’ennemi », selon l’un des participants.

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