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Barbara Kingsolver réinvente David Copperfield

Barbara Kingsolver, dans sa maison, à Meadowview, en Virginie, en 2022. - Credit:©MIKE BELLEME/The New York Times-REDUX-REA
Barbara Kingsolver, dans sa maison, à Meadowview, en Virginie, en 2022. - Credit:©MIKE BELLEME/The New York Times-REDUX-REA

Plus encore que du Pulitzer remporté par son roman On m'appelle Demon Copperhead, Barbara Kingsolver est fière d'une chose : elle vient des Appalaches. « Une drôle de région, convient-elle, qui n'obéit à aucune frontière. »

Celle qui est, depuis L'Arbre aux haricots (Rivages, 1988), l'une des romancières américaines les plus connues dans son pays a choisi de vivre près de ces montagnes rugueuses, dans cet environnement où elle a grandi et où « la pauvreté est endémique ». Un coin « rouge », c'est-à-dire en majorité trumpiste. « Les gens autour de moi, mes amis qui vivent à New York ou à Los Angeles, ne comprennent pas. Ils ont toujours une lueur d'incrédulité dans le regard, une question muette : comment tu fais pour vivre ici ? »

« Le grand roman des Appalaches »

C'est justement à cet « ici » que cette fille de médecin qui a été l'une des seules de son lycée à faire des études supérieures doit sa vocation. « J'ai toujours voulu écrire le grand roman des Appalaches », résume-t-elle. Mission accomplie : l'histoire – racontée à la première personne – de l'irrésistible Demon, petit rouquin à la langue bien pendue, passionné de superhéros, né dans le mobile home de sa mère droguée et bientôt accro lui-même aux opioïdes, s'est vendue à des millions d'exemplaires. « J'ai longtemps cherché comment écrire sur cette crise des opioïdes que je vois comme un chapitre de plus dans la longue histoire de l'exploitation impitoyable qu'ont fait les États-Unis de cette terre [...] Lire la suite