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Bac : Attal défend la suppression du correctif académique, qui fera chuter le taux de réussite

Avec la fin du correctif académique, c’est la fin d’un taux national de réussite au bac souvent trop élevé et donc biaisé qui devrait prendre fin.
Capture d’écran X Avec la fin du correctif académique, c’est la fin d’un taux national de réussite au bac souvent trop élevé et donc biaisé qui devrait prendre fin.

ÉDUCATION - Parmi la salve d’annonces du ministre de l’Éducation nationale, celle-ci pourrait avoir de lourdes conséquences. Pour permettre de relever le niveau des élèves français, Gabriel Attal a dévoilé mardi une série de « mesures fortes » censé permettre de redresser les performances de la France en matière d’éducation à l’école.

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En plein service après-vente de ses annonces ce mercredi 6 décembre, le ministre était l’invité de la matinale de franceinfo. L’occasion de lever le voile sur une mesure annoncée la veille mais encore peu commentée : la suppression du correctif académique dès la session 2024 du brevet et du baccalauréat.

Ce dispositif permet d’harmoniser la correction des copies et donc de rehausser certaines notes, ce qui fait obligatoirement monter la moyenne d’obtention du baccalauréat chaque année. Le ministre est-il prêt à voir le taux de réussite (au bac) baisser en s’en passant ? Visiblement oui.

« Oui, car c’est quoi le correctif académique qui existe chaque année ? Vous avez des élèves qui ont leur note de contrôle continu qui passent les épreuves, ils ont des notes délivrées par des enseignants qui ont évalué la qualité de leur copie. Et derrière, vous avez le correctif académique. Ce qui veut dire que le ministère arrive et dit : ’vous rehaussez toutes les notes de deux ou trois points parce qu’on veut améliorer le taux de réussite au bac’ », a-t-il dénoncé.

Pour une « école de la sincérité »

Gabriel Attal, qui dit croire en un « examen qui a du sens », souhaite donc que l’examen du bac « reflète le niveau réel de nos élèves ». Avec cette volonté, le ministre de l’Éducation nationale dit vouloir aussi reconnaître le « travail et le mérite des élèves qui se donnent toute l’année pour réussir leur baccalauréat ou leur brevet ».

Dès cette année, seules les notes attribuées par le correcteur de la copie compteront donc pour l’attribution du diplôme. Gabriel Attal « assume » donc de « supprimer le correctif académique » dès cette année, mais il « assume » surtout d’avoir un taux de réussite au bac et au brevet « qui diminuera par rapport aux années précédentes ».

D’après le locataire de la rue de Grenelle, la mesure permettra à terme que le niveau « se rapproche du niveau de nos élèves ». Voulant croire en une « école de la sincérité », le ministre espère ainsi mettre fin à ce qu’il qualifie d’« hypocrisie » et qui pousse, selon lui, certaines familles à penser que leur enfant peut passer au niveau supérieur « alors que ce n’est pas le cas ».

Avec cette mesure, nul doute que le taux de réussite au bac chutera de manière drastique dès la prochaine session du bac et du brevet. Après deux années inédites marquées par le Covid-19 où la moyenne du baccalauréat avait atteint un niveau record de 93,8 % en 2020 et 95,7 % l’année suivante, l’année 2022 avait permis un léger recul à 91,1 % avant de tomber cette année à 90,9 %.

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