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Avant la présidentielle en Russie, Leonid Volkov, opposant russe et proche de Navalny, attaqué au marteau

Cette agression survient à deux jours du début de la présidentielle en Russie, qui devrait consacrer un nouveau triomphe à Vladimir Poutine.

La pression s’accentue sur les opposants à 48 heures du début de la présidentielle russe. Leonid Volkov, ex-bras d’Alexeï Navalny décédé en février en prison, a été violemment agressé au marteau ce mardi 12 mars au soir devant son domicile à Vilnius. Cette attaque a été qualifiée de « choquante » par le gouvernement lituanien, et affirme qu’elle a été probablement « organisée par la Russie ». La police lituanienne a annoncé avoir ouvert une enquête.

La mort de Navalny en Russie, un « message d’alerte » à tous les opposants, selon cette experte

Leonid Volkov a été « attaqué à l’extérieur de sa maison. Quelqu’un a brisé la vitre d’une voiture et l’a aspergé de gaz lacrymogène dans les yeux avant de commencer à frapper Leonid avec un marteau », a indiqué Kira Iarmich, l’ex-porte-parole de Navalny.

Bras cassé, œil au beurre noir

Conduit aux urgences, l’opposant de 43 ans a finalement pu regagner son domicile mais est blessé, a indiqué son épouse mercredi sur le réseau social X. « Nous sommes à la maison. Le bras de Leonid est cassé et il ne peut pas encore marcher », a écrit Anna Birioukova.

Elle a diffusé des photos montrant les blessures subies par l’opposant, notamment un oeil au beurre noir, une marque rouge sur son front et du sang sur une de ses jambes.

Un porte-parole de la police lituanienne, Ramunas Matonis, a confirmé à l’AFP qu’un citoyen russe avait été agressé près de sa maison dans la capitale Vilnius à environ 22 heures, heure locale, soit 21 heures à Paris.

Aucun suspect encore identifié

Aucun suspect n’a été identifié à ce stade et plus de détails sur cette agression doivent être communiqués mercredi matin, a précisé le porte-parole.

Le ministre lituanien des Affaires étrangères Gabrielius Landsbergis a condamné une attaque « choquante » et assuré, dans un message sur X, que ses auteurs devront « répondre de leurs crimes ».

Quelques heures avant son agression mardi, Leonid Volkov avait confié au média russophone indépendant Meduza être inquiet pour sa sécurité depuis la mort d’Alexeï Navalny. « Le principal risque désormais c’est que nous soyons tous tués. Pourquoi, c’est une chose assez évidente », a-t-il déclaré d’après Meduza.

Recherché après des manifestations contre le pouvoir russe

« Poutine a tué Navalny. Et beaucoup d’autres personnes avant ça », avait-il aussi écrit lundi sur les réseaux sociaux, lui qui était l’ancien chef de cabinet de l’opposant. Il présidait également jusqu’en 2023 la fondation anticorruption fondée par Navalny.

Leonid Volkov s’est exilé en 2019 comme d’autres alliés d’Alexeï Navalny après l’ouverture par les autorités russes d’une enquête criminelle visant la fondation anticorruption de l’opposant. Les multiples procès intentés contre Navalny avaient été largement dénoncés comme étant une manière de le punir pour son opposition au président russe.

Depuis 2021, Moscou recherche Leonid Volkov pour son rôle dans l’organisation, conjointement avec Navalny, de manifestations contre le pouvoir russe.

Après la mort de l’opposant numéro un à Vladimir Poutine, Leonid Volkov a promis que l’équipe de l’opposant russe « n’abandonnerait pas » car « le bien l’emporte toujours sur le mal ». Il avait appelé les partisans d’Alexeï Navalny à « ne pas se décourager ». « C’est ce qu’il attend de nous maintenant. Ce à quoi il a consacré sa vie doit gagner. »

Cette agression survient à quelques jours de l’élection présidentielle en Russie, organisée de vendredi à dimanche, qui devrait consacrer un nouveau triomphe à Vladimir Poutine, faute de véritables opposants.

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