Avant Dernière rénovation, trois exemples de désobéissance civile

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POLITIQUE - Début juin, l’image avait fait le tour du monde. Alizée, 23 ans, s’attache le cou au filet du court Chatrier, interrompant un quart d’heure une demi-finale de Roland-Garros. « We have 1028 days left » (il nous reste 1028 jours), peut-on lire sur le t-shirt de cette militante du collectif Dernière Rénovation.

Cette action n’est pas isolée : routes bloquées, Tour de France interrompu... L’objectif des militants de Dernière Rénovation est précis : ils veulent la rénovation globale du parc immobilier français d’ici 2040. Pour interpeller l’opinion et obliger le gouvernement à agir, ils emploient ce qu’ils appellent la « résistance civile ».

L’expression en rappelle une autre : « désobéissance civile ». Au sens strict, il s’agit de désobéir à une loi pour mieux la dénoncer. Mais le terme est plus généralement employé dès que les actions des manifestants sont susceptibles de tomber sous le coup de la loi, comme celles de Dernière Rénovation. Le collectif assume d’ailleurs le terme.

Mais est-ce efficace ? « Cela dépend de ce qu’on appelle ’efficacité’. Les gouvernements ne vont pas changer radicalement... Cela n’empêche qu’il y a des victoires, le plus souvent à l’échelle locale », explique au HuffPost le sociologue Albert Ogien. En voici trois exemples, dont l’un remonte à très loin.

Les suffragettes anglaises

L’un des premiers exemples de désobéissance civile se passe en Angleterre, au XIXe siècle. Les femmes réclament le droit de vote et lancent le « mouvement suffragistes ». La presse de se moque et parle des militantes comme des « suffragettes » . Elles feront entrer le nom dans l’histoire.

En 1903, face à l’inefficacité des actions pacifiques, Emmeline Pankhurst fonde un groupe radical qui assume des actions violentes. Les suffragettes tentent d’abord d’envahir le Parlement britannique, revendiquent l’attentat à la bombe au domicile du Premier Ministre David Lloyd George... Lors d’une course hippique, Emily Davidson va jusqu’à sacrifier sa vie, en se jetant sous les sabots du cheval du roi. Ces actions leur valent des séjours réguliers en prison. Mais en 1918 elles sont enfin entendues : les femmes, sous certaines conditions, obtiennent le droit de vote en Angleterre.

Le préservatif sur la place de la Concorde

En France, en 1989, l’association Act Up est créée. Elle veut faire entendre la voix des personnes malades du SIDA et obliger le gouvernement à agir pour lutter contre ce virus.

Banderole sur les tours de Notre-Dame en 89, cercueil et happening devant le ministère de la Santé en 92… On les connaît surtout pour avoir déroulé un préservatif rose sur l’obélisque de la Concorde pour la journée mondiale de lutte contre le sida. Six jours plus tard, le Premier ministre Édouard Balladur déclare que « la lutte contre le SIDA constitue l’une des tâches prioritaires du Gouvernement » et annonce une campagne de sensibilisation nationale auprès des 16-18 ans.

Notre-Dame-des-Landes

Août 2009, Loire-Atlantique. La construction de l’aéroport Nantes-Notre-Dame-des-Landes, sur une zone humide préservée, est contestée par des manifestants écologistes qui s’installent sur place. La « ZAD » pour « Zone à Défendre » s’organise. L’action n’est pas violente mais s’inscrit dans la durée. Les Zadistes passent des mois sur place, certains s’y installent des années.

Entre 2009 et 2017, les procédures judiciaires se multiplient, toujours en défaveur des militants. L’expulsion des militants est décidée par la justice en 2016 mais ne sera jamais effective. Le 17 janvier 2018, Édouard Philippe annonce l’abandon du projet malgré un référendum local qui voit la victoire du oui à la construction de l’aéroport.

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