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Avant le débat sur l’accord avec l’Ukraine, LFI et le RN posent les mêmes « lignes rouges »

À gauche, Sébastien Chenu vice-président du RN, sur le plateau de « Dimanche en politique » sur France 3. À droite, Manuel Bompard, coordinateur de LFI dans l’émission « Le Grand Jury » sur RTL.
Capture France 3/ RTL À gauche, Sébastien Chenu vice-président du RN, sur le plateau de « Dimanche en politique » sur France 3. À droite, Manuel Bompard, coordinateur de LFI dans l’émission « Le Grand Jury » sur RTL.

POLITIQUE - Géopolitique de la stéréo. Ce dimanche 10 mars, le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, et le coordinateur national de la France insoumise, Manuel Bompard, ont tous les deux été interrogés sur « l’accord bilatéral de sécurité » conclu avec l’Ukraine le 16 février dernier, et sur lequel les députés seront invités à se prononcer mardi 12 mars.

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L’occasion pour le responsable d’extrême droite, comme son homologue de gauche radicale, d’éventer les positions de leurs groupes respectifs. Et il s’avère que Manuel Bompard comme Sébastien Chenu évoquent les mêmes « lignes rouges » qui conditionneront leur vote. Et dans les mêmes termes.

« Quand on est appelé à se prononcer sur un texte, et que ce texte contient des questions aussi importantes que l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, ou l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan, ce sont des lignes rouges pour nous, et il n’est pas question que nous votions en faveur de ce texte », a déclaré sur RTL le député LFI des Bouches-du-Rhône.

Pendant ce temps, dans l’émission Dimanche en politique sur France 3, Sébastien Chenu abordait le débat exactement de la même façon. « Nous, on a des lignes rouges, qui nous empêcheraient probablement de voter », a expliqué le député du Nord, en évoquant également l’adhésion de l’Ukraine et son intégration dans l’Otan. « Si c’est un accord de sécurité qui fait abstraction des lignes rouges que j’ai énoncées, alors nous le regarderons avec plus de bienveillance », a poursuivi le vice-président du RN.

Que contient ce rapport ?

Le document en question, signé par Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron le 16 février dernier, engage Paris et Kiev pour une durée de dix ans. Il comprend notamment un renforcement de la coopération militaire, en particulier dans les domaines de l’artillerie et de la défense aérienne. En 2024, la France promet de fournir « jusqu’à 3 milliards d’euros de soutien supplémentaire », et s’engage à mobiliser « la dissuasion active (...) face à toute nouvelle agression de la part de la Fédération de Russie ».

Mais l’accord comprend également un volet politique, puisqu’il réaffirme « l’objectif de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne et le fait que la sécurité de l’Ukraine fait partie intégrante de la sécurité de l’Europe et de la région euro-atlantique ». Par ailleurs, les deux parties « coordonneront et renforceront leurs efforts conjoints pour soutenir l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN ».

Soit précisément les « lignes rouges » tracées par la France insoumise et le Rassemblement national, lesquelles par ailleurs sont partagées par le Kremlin. Sauf surprise, les députés de la France insoumise, comme ceux du Rassemblement national, devraient donc soit s’abstenir, soit voter contre ce texte mardi prochain.

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