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Avant les élections européennes, Marion Maréchal affiche une victoire au Parlement de Strasbourg

Marion Maréchal photographié au Parlement européen à Strasbourg ce mercredi 7 février.
FREDERICK FLORIN / AFP Marion Maréchal photographié au Parlement européen à Strasbourg ce mercredi 7 février.

POLITIQUE - Elle n’est pas encore élue eurodéputée, mais sait où elle devrait atterrir en cas d’élection. Ce mercredi 7 février, Marion Maréchal a annoncé que l’eurodéputé Reconquête !, Nicolas Bay intégrait officiellement le groupe « European Conservatives and Reformists » (ECR) au Parlement européen, là où siègent notamment les élus de Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni.

Ce qui fait donc de la nièce de Marine Le Pen l’alliée officielle de la Première ministre italienne, et la partenaire prochaine de Viktor Orban, puisque le dirigeant hongrois a annoncé que les élus de son parti, le Fidesz, rejoindraient ce groupe conservateur après les élections du mois de juin. Un premier pas symbolique pour Marion Maréchal, qui ne boude pas son plaisir.

« Les observateurs annoncent une centaine d’élus pour ECR, ce qui en ferait la troisième force politique du Parlement, devant le groupe Renew macroniste », se félicite d’avance la candidate d’extrême droite dans un communiqué, estimant que cet adoubement « montre que Reconquête ! est perçu par ses partenaires européens non seulement comme un interlocuteur crédible mais aussi comme un interlocuteur d’avenir ».

« Groupe pivot »

Depuis le Parlement européen à Strasbourg, Nicolas Bay a salué « la concrétisation d’une alliance politique qui prend tout son sens à quelques mois des élections européennes ». Selon lui, « le groupe ECR peut connaître une croissance très importante et avoir beaucoup plus de poids politique », voire « se trouver en situation d’être le pivot d’une recomposition du Parlement européen ».

Au-delà de ces projections optimistes saluées par le parti d’extrême droite, cette étape permet au parti d’Éric Zemmour de s’inviter à la table des conservateurs européens, dans un contexte où le groupe ECR (qui réunit cinq partis au pouvoir et trois chefs de gouvernement) est jugé bien plus fréquentable que le groupe Identité et démocratie (ID) à la coloration clairement europhobe, où siègent les élus du Rassemblement national. En outre, les conservateurs envisagent une alliance avec la droite traditionnelle du PPE, d’où est issue Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

Ce qui offre à Reconquête ! un argument électoral de poids face à Jordan Bardella. « Il est préférable d’avoir sept, huit ou dix députés Reconquête ! qui siégeront demain au sein d’un groupe pivot qu’est le groupe ECR, plutôt que d’en avoir une vingtaine qui n’auront ni l’influence ni la compétence pour jouer un rôle utile », a d’ailleurs taclé depuis Strasbourg Nicolas Bay. Une sorte de contre-pied à l’argument du « vote utile » utilisé au RN.

Preuve que la rhétorique porte, cette petite musique commence déjà à agacer au RN. « Marion Maréchal voudrait rejoindre (si elle est élue…) un groupe qui a voté pour Ursula von der Leyen, pour le Pacte des migrations, l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne, la fin de la règle de l’unanimité, et tous les accords de libre-échange, donc contre notre souveraineté », a grincé sur le réseau social X l’eurodéputé lepéniste Jean-Lin Lacapelle.

Une attaque à laquelle Reconquête ! rétorque que Jordan Bardella appelait récemment à « un groupe souverainiste unique au Parlement européen », comprenant ID et ECR. Selon le compilateur de sondages du HuffPost, Marion Maréchal est pour le moment créditée de 7 % d’intentions de vote. Assez pour être élue, et grossir d’une poignée d’eurodéputés les rangs d’ECR. Du moins à ce stade.

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