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Autoroute A69 : Greta Thunberg est venue dans le Tarn pour soutenir les militants écologistes

ENVIRONNEMENT- Sous la pluie, les pancartes portent le message « Stop A69 ». Les militants pour le climat venus s’opposer une fois de plus à l’autoroute A69 entre Castres et Toulouse ont été accompagnés ce samedi 10 février d’une invitée de marque. La militante écologiste Greta Thunberg les a rejoints à Saïx, dans le Tarn, pour dire non au projet controversé, dont le chantier a déjà débuté.

Autoroute A69 Toulouse - Castres : « Non, il n’existe pas une très large majorité d’élus locaux favorables au projet »

Alors que l’autoroute doit être mise en service en 2025, 95 % de déboisement a déjà été effectué et 45 % du budget a été engagé, selon la société Atosca, concessionnaire du projet. De son côté, le gouvernement se dit décidé à mener « jusqu’à son terme » cette portion d’autoroute, qui réduirait d’environ vingt minutes le trajet Castres-Toulouse.

Mais les militants écologistes ne désarment pas, arguant que ce projet vieux de plusieurs décennies est obsolète et date d’avant la prise de conscience des changements de comportements rendus nécessaires par le dérèglement climatique. Un avis partagé par l’égérie mondiale de la lutte contre le réchauffement climatique, Greta Thunberg, qui a échangé avec les militants, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête de cet article.

Résister « à cette folie »

« Nous sommes ici en solidarité avec ceux qui résistent à ce projet et à cette folie », a déclaré la jeune activiste suédoise, arrivée sous la pluie avec une délégation de militants français et internationaux venus notamment de Belgique, de Suède et d’Espagne.

Imperméable fuchsia, capuche grise et Keffieh palestinien autour du cou, elle a dénoncé un projet qui « non seulement va détruire la nature et des terres inestimables, mais va aussi nous enfermer dans un système toxique fondé sur l’exploitation, l’extraction et la pollution ».

« Cela doit cesser », a-t-elle ajouté s’exprimant en anglais, avant de dire en français : « Stop A69 ! ». Elle a indiqué qu’elle serait dimanche dans la région de Bordeaux pour soutenir les opposants à un projet d’exploitation pétrolière.

« Chère Greta Thunberg, l’A69 répond à un besoin vital »

La présence de Greta Thunberg « permet d’inscrire pleinement la lutte contre l’A69 au niveau international et national et engage les responsables politiques à prendre la mesure de leur entêtement », s’est réjouie un des collectifs organisateurs, No Macadam. Le président du conseil départemental du Tarn, Christophe Ramond, ne partage pas cet avis. « Chère Greta Thunberg (...) l’autoroute A69 répond à un besoin vital pour le Tarn et ses habitants », a-t-il déclaré, avant d’estimer que son département « n’a aucune leçon à recevoir en matière de développement durable ».

Les organisateurs de la manifestation comptent rassembler de 500 à 1 000 personnes durant tout le week-end pour des ateliers, des tables rondes et des concerts. Vendredi, le préfet du Tarn avait annoncé avoir « pris un arrêté d’interdiction de manifestation et de rassemblement » samedi et dimanche à Saïx, évoquant « des risques de troubles majeurs à l’ordre public ».

Toutefois le préfet n’a pas pu intervenir sur le rassemblement puisqu’il ne se déroule pas sur la voie publique mais dans une prairie privée, mise à disposition par un agriculteur sympathisant des opposants à l’autoroute. « Le rassemblement sur un domaine privé, avec l’accord du propriétaire, ça, ce n’est pas interdit, chacun peut inviter qui il veut chez lui », ont donc déclaré les services de la préfecture.

Intervention des forces de l’ordre vendredi et samedi

Les forces de l’ordre sont en revanche intervenues ce vendredi sur la ZAD (zone à défendre) de la Crém’arbre de la commune de Saïx, à proximité immédiate du camp des opposants, faisant usage de gaz lacrymogène et procédant à au moins deux interpellations, selon des journalistes de l’AFP. Selon la préfecture, il s’agit d’une « occupation illégale » d’un terrain privé et les services de l’État « travaillent sur ce sujet ».

« Ce qui s’est passé hier (vendredi), c’est qu’il y a eu des opposants violents qui se sont mis en travers de la voie publique avec des barricades, d’où la forte action hier (vendredi) », justifie la préfecture, déplorant sept membres des forces de l’ordre blessés, notamment par des jets de pierre.

Samedi matin, les journalistes de l’AFP ont à nouveau vu une centaine de manifestants faire face à des policiers sur une voie ferrée à quelques centaines de mètres de là, à côté d’une « Zad » (zone à défendre) boisée installée sur un terrain qui fait l’objet d’un litige en lien avec une expropriation de son propriétaire pour cause de construction de l’autoroute.

« Une centaine d’individus bloque la voie ferrée entre Toulouse et Castres et ils ont mis des obstacles dessus. Les individus avaient mis en place trois barricades et en ont enflammé une, les gendarmes ont réussi à rouvrir le chemin communal qui avait été bloqué », a indiqué la préfecture dans un message.

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