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Au procès des "Barjols", les projets de Nathalie C. pour "brûler" des musulmans

Croquis d'audience réalisé le 17 janvier 2023 montrant des membres du collectif des Barjols devant le tribunal à Paris : Denis Collinet (C, en bas), Jean-Pierre Bouyer (3eD) et Mickaël Iber (G, en haut) - Benoit PEYRUCQ © 2019 AFP

Douze personnes sont jugées depuis deux semaines pour association de malfaiteurs terroriste pour avoir projeté des actions violentes à l'encontre d'Emmanuel Macron mais aussi des mosquées, des migrants ou des personnes aisées.

"C’est mon travail ou une affaire qui dure depuis 4 ans, bah moi je choisis mon travail c’est tout", déclarait Nathalie C. au premier jour du procès des "Barjols", ce groupe d'ultradroite issu d'un groupe Facebook. Interrogée ce lundi par le tribunal correctionnel qui la juge elle et 11 autres prévenus, cette femme sèche de 54 ans n'avait semble-t-il pas plus de temps à accorder à la justice, insistant pour finir dans les temps afin d'attraper le train du soir qui devait la ramener en Moselle.

Nathalie C. est accusée d'avoir projeté des actions violentes à l'encontre des mosquées, des musulmans ou encore des migrants. Lors d'une réunion des Barjols à Vigy, en Moselle, en mars 2018, la localière avait indiqué avoir pensé à attirer des fidèles musulmans hors de leur mosquée en les appâtant avec une "belle fille" avant des les conduire dans un terrain où on "pourrait les brûler".

"J'avais une telle rage"

Confrontée quatre ans plus tard à ces déclarations, la quinquagénaire affiche la même défense que les autres prévenus interrogés depuis le début du procès. A savoir qu'il y a une "différence" entre les paroles et les actes. Peu claire dans ses explications, elle évoque confusément "les prières de rue qui dérangeaient", tout en confirmant les autres projets d'actions violentes évoqués sur les réseaux sociaux ou encore lors de ces réunions paramilitaires, décrites comme des "barbecues" avec des "gens bourrés", selon l'un des prévenus.

"J’avais une telle rage, une telle colère que j’aurais pu dire ça, poursuit-elle, tentant de justifier sa fureur par les attentats ayant frappé la France depuis 2015. On a peut-être parlé de mosquées parce qu’il y avait un prêtre qui s'était fait décapiter dans une église", avance Nathalie C.

Plus généralement, Nathalie C. est convaincue de l'imminence d'une "guerre civile" liée aux migrants et de la nécessité de se préparer face à cette échéance. "Les attentats pour moi ce sont des gens que je considère comme des migrants", poursuit-elle, désignant des gens de "nationalité musulmane" avant de se reprendre.

"On ne va plus se laisser faire", clame-t-elle.

"Comprise" par les Barjols

Elle avait ainsi adhéré au groupuscule Génération identitaire, dissous en 2021, notamment parce qu'ils "pratiquaient des cours de self défense". Son adhésion aux Barjols s'inscrit dans le même mouvement. Au point qu'elle se sente plus libre qu'avec ses proches qui ne partagent pas forcément ses idées politiques. "Je me sentais comprise au sein des Barjols", affirme-t-elle.

Le président du tribunal en vient à un autre projet d'action violente évoqué dans l'acte d'accusation : des attaques contres des élus. Jusqu'à présent, tous les prévenus qui se sont succédé à la barre ont contesté ces accusations mais Nathalie C. est moins affirmative.

Selon son récit, le chef des Barjols Denis Collinet avait évoqué l'idée de se renseigner sur les habitudes de certains élus et d'aller se confronter à eux dans des restaurants qu'ils fréquentaient. "L'idée, c'était qu'il les aurait suivis dans les toilettes et boum !", lâche-t-elle, sous le regard réprobateur de ses coprévenus.

Appelé à la barre, Denis Collinet met ses déclarations sur le compte de l'ivresse. "On avait tous bu mais le lendemain, c’était fini".

Nathalie C. conteste en revanche avoir entendu parler, au sein des Barjols, d'un projet d'assassinat contre Emmanuel Macron en 2018 même si elle avait relayé un appel pour trouver des volontaires prêts à mener une action dans laquelle ils pourraient laisser leur vie.

"Quand on me demande de faire quelque chose, je le fais. Je pose pas de questions", certifie-t-elle.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Des membres d'un groupe d'ultradroite jugés pour un projet d'attaque contre Emmanuel Macron