Dix tués à Saint-Pétersbourg, un kamikaze identifié, selon Interfax

par Denis Pinchuk
1 / 3

EXPLOSION À SAINT-PÉTERSBOURG: AU MOINS 10 PERSONNES TUÉES

Dix personnes ont été tuées et plus de 20 autres d'autres blessées dans une explosion qui s'est produite lundi dans le métro de Saint-Pétersbourg et que les autorités imputent à un kamikaze originaire d'Asie centrale lié à l'islam radical, rapporte lundi l'agence russe Interfax. /Photo prise le 3 avril 2017/REUTERS/Ruslan Shamukov

par Denis Pinchuk

SAINT-PETERSBOURG (Reuters) - Dix personnes ont été tuées et plus de 20 autres d'autres blessées dans une explosion qui s'est produite lundi dans le métro de Saint-Pétersbourg et que les autorités imputent à un kamikaze originaire d'Asie centrale lié à l'islam radical, rapporte lundi l'agence Interfax.

Selon cette dernière, qui cite une source proche de l'enquête, les enquêteurs ont identifié l'auteur de l'attentat, un jeune homme de 23 ans et ils pensent que ses explosifs étaient dissumulés dans un sac à dos.

La déflagration s'est produite à bord d'une rame qui circulait entre les stations Sennaïa Plochtchad et Tekhnologichesky Institut (Institut technologique). Dans un premier temps, des sources proches des services de secours locaux avaient évoqué deux explosions dans deux rames distinctes.

Un engin explosif a par ailleurs été découvert et neutralisé dans une autre station de métro de la ville, ajoute la Commission nationale antiterroriste dans un communiqué.

Le président russe, Vladimir Poutine, s'est rendu sur les lieux de l'explosion et y a déposé une gerbe de fleurs, rapportent plusieurs médias russes.

Il avait reçu plus tôt le soutien de son homologue américain, Donald Trump qui a qualifié l'attentat de "chose terrible".

"NOUS EXAMINONS TOUTES LES CAUSES POSSIBLES"

L'explosion s'est produite vers 14h40 (11h40 GMT), une heure où le métro n'est pas trop fréquenté. Le bilan n'est pas encore certain. La Commission nationale antiterroriste a fait état de neuf morts et 20 blessés, le ministère de la Santé avance dix morts et 47 blessés.

"J'ai vu beaucoup de fumée, une foule se dirigeant vers les escalators, des personnes ensanglantées (...)", a déclaré un témoin à Reuters. "Beaucoup pleuraient", a-t-il ajouté.

Des ambulances et des véhicules de pompiers ont aussitôt afflué aux abords de la station Sennaïa Plochtchad, survolée par un hélicoptère.

Une enquête criminelle en relation avec des faits de terrorisme a été ouverte par le comité d'enquête fédérale.

La totalité des stations de métro de Saint-Pétersbourg ont été fermées, rapporte Interfax citant l'opérateur du réseau. A Moscou, des mesures de sécurité supplémentaires ont été prises pour protéger le réseau de transport souterrain.

Le site d'information Life News, premier à faire état de l'explosion, a diffusé des images de blessés allongés sur un quai ainsi que de la porte éventrée d'un wagon du métro. De nombreux passagers ont été touchés par des éclats de verre et de métal.

Des vidéos montrent des passagers allongés au sol recevant les premiers soins, d'autres fuyant les quais obscurcis par une épaisse fumée.

MENACES SPÉCIFIQUES DE L'EI

Les services russes sont depuis plusieurs mois en état d'alerte renforcée.

La Russie, qui soutient diplomatiquement et militairement le régime de Bachar al Assad, a été spécifiquement visée par des menaces de l'organisation Etat islamique (EI) et les autorités redoutent le retour de combattants tchétchènes partis faire le djihad en Syrie.

Ces dernières années, la Russie a été la cible d'attaques menées par des militants tchétchènes.

En mars 2010, le métro de Moscou avait été frappé par deux femmes kamikazes qui avaient tué au moins 38 personnes en déclenchant leurs ceintures d'explosifs au milieu des passagers de deux rames.

L'année précédente, en novembre, un attentat à la bombe revendiqué par les rebelles tchétchènes faisait dérailler le train express Moscou-Saint-Pétersbourg, provoquant la mort de 26 personnes.

En septembre 2004, l'assaut donné contre un commando islamiste retenant des otages dont des enfants dans une école de Beslan, en Ossétie du Nord, avait fait plus de 330 morts. Deux ans plus tôt, en octobre 2002, une précédente prise d'otages dans le théâtre moscovite de la Doubrovka s'était soldée par la mort de 129 otages et 41 combattants tchétchènes.

(avec Alexander Winning, Polina Nikolskaya et le bureau de Moscou; Henri-Pierre André et Nicolas Delame pour le service français)

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages