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Au Mali, l’accord d’Alger, déjà moribond, est définitivement enterré

“Crise malienne : le saut dans l’inconnu de Bamako”, titre le quotidien algérien El-Watan. Le 25 janvier, le Mali a mis fin, “avec effet immédiat”, à l’accord signé en 2015 sous l’égide de la diplomatie algérienne avec les groupes indépendantistes du nord du pays. Une dénonciation qui “expose le Mali à un nouveau cycle d’instabilité et d’insécurité”, estime ce média.

“L’Algérie est légitimement préoccupée au plus haut point par l’aggravation de la crise au Mali, un pays avec lequel elle partage une frontière longue de 1 300 kilomètres”, abonde le site d’information Tout sur l’Algérie (TSA). Parmi les sources d’inquiétude énumérées, “l’instabilité politique”, “la propagation du terrorisme et les interférences étrangères” dans son voisinage immédiat, ou encore “une guerre civile aux frontières du pays”, “même si l’Algérie a les moyens de se défendre”.

COURRIER INTERNATIONAL, ACLED, AFRICA CENTER FOR STRATEGIC STUDIES
COURRIER INTERNATIONAL, ACLED, AFRICA CENTER FOR STRATEGIC STUDIES

TSA narre les précédentes médiations d’Alger au Mali, en 1963 puis en 1991, avec “pour objectif de mettre fin à la rébellion touareg du mouvement Azawad dans le nord du Mali”. En 2015, l’accord d’Alger scelle un processus de paix entre le pouvoir central et les groupes séparatistes du Nord, mais dans un contexte sécuritaire bouleversé par les avancées des groupes armés liés à l’“internationale djihadiste”.

Les raisons qui concourent à enterrer cet accord aujourd’hui sont aussi diverses que complexes, selon ce média, qui cite notamment un “manque de volonté politique depuis le double coup d’État de 2020 et 2021”. D’ailleurs, “avec les autorités maliennes issues du coup d’État de 2021, Alger en est arrivée au clash”. La dénonciation de l’accord d’Alger intervient un mois après le rappel par le Mali et l’Algérie de leurs ambassadeurs respectifs.

Privilégier le dialogue intérieur

La page semble se tourner moins douloureusement du côté malien. L’accord d’Alger, “jugé inapplicable”, “appartient désormais au passé” et est “mort de sa belle mort”, estime le quotidien gouvernemental malien L’Essor.

Il défend les efforts consentis par l’État (fonds alloués aux régions du Nord, consultation de responsables de groupes armés du Nord pour élaborer la charte de la transition ou élaborer la nouvelle Constitution), et dénonce les violations de l’accord par les groupes armés signataires, notamment au moment du désengagement de la mission de paix de l’ONU au Mali (Minusma).

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