Au Kenya, William Ruto élu président sur le fil, dans la confusion

PHOTO SIMON MAINA/AFP

“Celui qui marchait autrefois pieds nus et vendait des poulets sur le bord de la route […] est depuis lundi le cinquième président de la république du Kenya”, résume le quotidien kényan The Star. Après six jours d’attente, le vice-président sortant, William Ruto, a été déclaré vainqueur lundi de l’élection du 9 août avec 50,49 % des voix, contre 48,85 % pour son principal rival, Raila Odinga, rapporte le site d’information panafricain Koaci.

La victoire du candidat – qui avait fait du pouvoir d’achat son cheval de bataille dans ce pays où l’inflation a explosé – était toutefois loin de faire l’unanimité lundi soir. Des manifestations ont notamment secoué plusieurs quartiers populaires de la capitale, Nairobi, comme Mathare, Kayole et Kibera. À Kisumu (ouest), un bastion d’Odinga (figure de l’opposition à qui le président sortant Uhuru Kenyatta avait apporté son soutien pour la présidentielle), la colère a pris la forme de barricades et de jets de pierre et des magasins ont été pillés.

Quelques minutes avant que le président de la commission indépendante n’annonce les résultats du scrutin, quatre de ses sept membres se sont par ailleurs désolidarisés de l’organisme, expliquant brièvement leur position par le “caractère opaque du processus”. Cette annonce “laisse les électeurs confus et nerveux dans un pays dont l’histoire a été marquée par des épisodes de violences postélectorales”, remarque le Washington Post.

Des résultats qui pourraient être contestés devant la Cour suprême

Selon le quotidien américain, “l’équipe de campagne du candidat Raila Odinga pourrait contester les résultats devant la Cour suprême, comme il l’avait déjà fait en 2017 avec succès”. La plus haute instance judiciaire kényane avait alors invalidé le vote, ce qui avait donné lieu à de nouvelles élections, remportées par le président sortant Uhuru Kenyatta.

Mais cette période avait aussi été marquée par de nombreuses violences, rappelle le Washington Post. Ce qui se passera dans les semaines à venir “sera étroitement surveillé ici et à l’étranger, y compris à Washington”, note le quotidien, qui rappelle que les États-Unis considèrent le Kenya comme “un allié clé dans la lutte contre le terrorisme”.

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