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Au Brésil, l’ex-président Jair Bolsonaro ciblé par la vaste opération policière « Tempus Veritatis »

L’ex-président brésilien n’est pas la seule cible des autorités brésiliennes. D’anciens ministres, des généraux et de proches collaborateurs sont aussi concernés.
SERGIO LIMA / AFP L’ex-président brésilien n’est pas la seule cible des autorités brésiliennes. D’anciens ministres, des généraux et de proches collaborateurs sont aussi concernés.

BRÉSIL - Un grand coup de filet dans l’establishment bolsonariste. Au Brésil, c’est le début d’une vaste opération policière ce jeudi 8 février pour démanteler le réseau responsable de la « tentative de coup d’État » survenue quelques jours après le retour au pouvoir du président Luiz Inacio Lula da Silva, dit « Lula ».

Jair Bolsonaro de retour au Brésil face à ses déboires judiciaires

Et c’est sans surprise l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, grand perdant des élections d’octobre 2022, qui a été la principale cible de cette opération nommée « Tempus Veritatis » (« Temps de la vérité » en latin) des autorités brésiliennes.

Il faut dire que la police fédérale brésilienne n’a pas fait les choses à moitié en annonçant 33 perquisitions et 4 mandats d’arrêt concernant d’anciens ministres, des généraux et de proches collaborateurs de l’ancien chef d’État ce jeudi. L’enquête porte sur « une organisation criminelle qui a pris part à une tentative de coup d’État (...) pour obtenir des avantages politiques avec le maintien du président de l’époque au pouvoir ».

Fabio Wajngarten, avocat et proche collaborateur de Bolsonaro a confirmé cette nouvelle sur X en annonçant que son client allait « remettre son passeport aux autorités ». Il est d’ailleurs frappé d’une « interdiction de quitter le pays », selon l’arrêt de la Cour suprême qui a autorisé l’opération policière.

Ce jeudi, quatre généraux ont été ciblés par des perquisitions. Parmi eux, Walter Braga Netto, ancien ministre de la Défense et candidat à la vice-présidence aux côtés de Jair Bolsonaro ou encore Augusto Heleno, ex-ministre du Cabinet de sécurité institutionnelle. Trois personnes ont aussi été arrêtées, selon la presse brésilienne : Filipe Martins, ancien conseiller du président en politique étrangère, ainsi que deux militaires.

Mauvais perdant

Pour mieux comprendre les enjeux derrière cette opération « Tempus Veritatis », un bref retour en arrière s’impose. Au mois d’octobre 2022, à l’issue d’une campagne brutale et particulièrement polarisée entre Lula et Bolsonaro, Lula réalisait un retour en grâce inattendu à la tête de la première économie d’Amérique latine pour un troisième mandat.

Mais face au silence assourdissant de Bolsonaro, incapable de reconnaître sa défaite publiquement, ses partisans avaient commencé à bloquer les routes du pays pour protester contre le résultat du scrutin. Très discret, avant de finir par reconnaître sa défaite en « autorisant la transition » avec Lula, Bolsonaro affirmait alors vouloir « respecter la Constitution ».

Mais seulement une semaine après l’investiture de Lula, le 8 janvier 2023, des milliers de bolsonaristes prennaient la capitale fédérale d’assaut, notamment les lieux de pouvoir de Brasília en réclamant une intervention militaire pour déloger Lula du pouvoir. Des images qui ont évidemment fait écho à l’invasion du Capitole, survenu deux ans plus tôt aux États-Unis après la défaite de Donald Trump.

Après avoir quitté le Brésil pour un temps, Jair Bolsonaro était finalement revenu, puis condamné à huit ans d’inéligibilité pour diffusion de fausses informations sur le système de vote électronique. Sans parler des affaires de corruption qui le vise depuis qu’il a quitté le pouvoir fin 2022.

« Persécution implacable »

Ce jeudi, la police fédérale brésilienne a indiqué que son enquête portait sur une tentative de « disséminer des soupçons de fraude sur les élections présidentielles 2022 avant même la réalisation du scrutin, pour légitimer une intervention militaire ».

Selon les autorités, le plan consistait à propager de « fausses informations sur des fragilités du système de vote électronique » pour remettre en cause le résultat de la dernière présidentielle. La police évoque aussi « la pratique d’actes pour abolir l’État de droit démocratique par le biais d’un coup d’État, avec l’appui de militaires ».

La semaine dernière, l’un des fils de Jair Bolsonaro avait d’ailleurs été visé par une autre opération policière, dans une enquête pour espionnage illégal sous le gouvernement de l’ex-président d’extrême droite. Signe que les ennuis judiciaires n’en sont qu’à leurs balbutiements pour l’ex-chef d’État tombé en disgrâce. Ce dernier a d’ailleurs évoqué cette opération policière auprès d’une journaliste du quotidien Folha de S. Paulo. Ce jeudi, il affirme « subir une persécution implacable ».

« Cela fait plus d’un an que je ne gouverne plus », a-t-il ajouté avant de demander à être oublié, car « il y a quelqu’un d’autre qui gouverne le pays ». De quoi inspirer une réponse cash du président Lula : « Le fait est qu’il y a eu une tentative de coup d’État (...) qui n’aurait pas pu avoir lieu sans Bolsonaro ».

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