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"Une attitude de prédateur": Anna Mouglalis revient sur son témoignage contre Philippe Garrel

"Je dénonce une attitude de prédateur." Plusieurs mois après avoir témoigné dans une enquête de Mediapart concernant le réalisateur Philippe Garrel, accusé par plusieurs femmes de propositions sexuelles lors de rendez-vous pour des rôles, l'actrice Anna Mouglalis explique avoir voulu "apporter du soutien à celles qui ne peuvent pas parler ou qui ont subi", dans l'émission C l'hebdo, diffusée samedi 20 janvier sur France 5.

Elle indique qu'il ne s'est rien passé pendant le tournage du film La Jalousie en 2013. Mais après, en 2014, il lui a demandé de lui donner à lire des textes féminins sur le désir féminin. "Je lui ai proposé de lui lire des extraits de textes. Pendant ce moment où il est venu chez moi, il est allé s'allonger sur mon lit. Donc c'est-à-dire qu'il voulait que je lui explique le désir féminin d'une façon sans doute un tout petit peu plus littérale. Mais il n'y en avait pas de désir. Je l'ai renvoyé", assure-t-elle.

De son côté, auprès de Mediapart, Philippe Garrel a affirmé avoir "eu un malaise" et avoir eu "besoin de [s']allonger". "Je lui ai répété que je ne me sentais vraiment pas bien et qu’il fallait que je m’allonge. Je suis donc allé sur son lit et me suis allongé vingt minutes, avant de rentrer chez moi", a-t-il poursuivi, avant de préciser que ce n’était pas un rendez-vous professionnel et qu’il n’avait eu "aucun geste ambivalent à son endroit".

"Il faut que les réalisateurs se remettent en question"

Plus généralement, Anna Mouglalis profite de son entretien chez C l'hebdo pour dénoncer la manière dont fonctionne le monde du cinéma. Selon elle, au coeur du problème, se trouve le fait pour un réalisateur de faire venir une comédienne en audition "pour un rôle de femme séduisante":

"Le réalisateur va vous choisir pour le rôle s’il est séduit, alors que moi je n’y vais pas pour le séduire mais pour jouer le rôle d'une femme séduisante, pour exercer mon métier. S'il est séduit on entre dans la tyrannie du désir. C'est très pénible. Il faut un tout petit peu décoloniser les esprits. Il faut que les réalisateurs se remettent en question."

L'actrice affirme avoir déjà pensé à arrêter de jouer. "Je ne tourne pas tant que ça. Je choisis des projets. Je ne pense pas qu'il y ait plus d'agressions dans le cinéma que dans le reste de la société. En revanche, dans le cinéma on a un pouvoir pour créer des imaginaires qui est phénoménal. On influence les gens. [...] Pour changer le regard, notamment à l'endroit des violences sexistes et sexuelles, il faut de nouveaux récits dans le cinéma", conclut-elle.

Article original publié sur BFMTV.com