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Attentat de Magnanville: Mohamed Lamine Aberouz condamné à la réclusion criminelle à perpétuité

Mohamed Lamine Aberouz était jugé depuis le 25 septembre pour complicité dans l'assassinat d'un couple de policiers à Magnanville (Yvelines) le 13 juin 2016 revendiqué par Daesh.

Attentat de Magnanville: Mohamed Lamine Aberouz condamné à la réclusion criminelle à perpétuité

La cour d'assises spéciale de Paris a suivi à la lettre les réquisitions du parquet. Après deux semaines et demie d'audience, Mohamed Lamine Aberouz, jugé pour complicité dans l'assassinat d'un couple de policiers à leur domicile de Magnanville (Yvelines) le 13 juin 2016 au nom de Daesh, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 22 ans, ce mercredi.

L'homme, âgé de 31 ans, comparaissait depuis le 25 septembre pour complicité d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique, complicité de séquestration de mineur et association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Ce mercredi, il a donc été reconnu coupable de complicité dans les assassinats de Jessica Schneider, 36 ans, fonctionnaire de police au commissariat de Mantes-la-Jolie et de son compagnon, Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant au commissariat des Mureaux, devant les yeux de leur petit garçon de trois ans. Un acte perpétré par Larossi Aballa, tué pendant l'assaut du Raid.

Aucun doute sur la présence de l'accusé

Lors de son délibéré, la cour, présidée par Christophe Petiteau et composée uniquement de magistrats professionnels, a dû répondre à 16 questions pour établir la culpabilité ou non de l'accusé qui clame son innocence. Mardi, lors de leurs réquisitions, les avocates générales avaient estimé qu'il n'y a aucun doute que l'accusé "était présent sur la scène du crime" aux côtés de son ami Larossi Abballa le soir de l'assassinat des policiers sous les yeux de leur fils âgé de trois ans. L'accusation repose essentiellement sur une trace "ADN pure" de l'accusé, retrouvée sur le repose-poignet de l'ordinateur portable des victimes. Si le crime a été revendiqué par Larossi Abballa avec son téléphone portable, l'enquête a démontré que l'ordinateur du couple a été utilisé pour chercher une photo de Jean-Baptiste Salvaing afin, selon l'accusation, de pouvoir l'identifier avant de l'assassiner.

La défense de Mohamed Lamine Aberouz soutient que cette trace provient d'un "transfert" d'ADN depuis la voiture de Larossi Abballa, où ont aussi été isolées des traces génétiques lui appartenant. La semaine dernière, des experts ont qualifié cette hypothèse de peu probable, sans l'exclure totalement.

"Une torsion des éléments jamais vue avant"

Face à ces doutes, les avocats de l'accusé, Mes Vincent Brengarth et Nino Arnaud avaient plaidé l'acquittement. "Acquitter Mohamed Lamine Abballa est la seule décision sage à prendre", avait estimé Nino Arnaud. "Il n'y a aucune forme de faiblesse dans l'acquittement. Acquitter dans un moment comme celui-ci, c'est de la force. Il faut avoir du courage", avait-il insisté.

"En toute sincérité, si vous n'acquittez pas dans ce dossier, alors l'acquittement en matière d'antiterrorisme est impossible. Ce serait une torsion des éléments qu'on n'a jamais vue avant", avait renchéri son confrère Vincent Brengarth.

Ce mercredi matin, la cour d'assises a laissé la parole à l'accusé, avant de se retirer pour délibérer. "Je suis innocent de toutes les accusations qui ont pu être portées contre moi (...) Il est inconcevable d’être condamné pour un crime que je n’ai pas commis, je me refuse à l’accepter. Je suis innocent, je le dis, je le répète. Celui qui a commis l’irréparable, c’est Larossi Abballa seul et personne d’autre", a-t-il déclaré, selon notre journaliste présente du place.

Mohamed Lamine Aberouz s'est ensuite adressé à la famille du couple de policiers: "Tout le monde comprend la douleur et l’effroi qui a été le vôtre. Mais ce n’est pas, aujourd’hui, en condamnant un innocent que ce sera atténué, rien ne sera réparé, ça ne fera que détruites des familles supplémentaires pour les agissements d’une seule personne".

Larossi Aballa, l'assaillant, qui était connu des services de renseignement, avait été condamné à trois ans de prison, dont six mois avec sursis en 2013 pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes". Il a été abattu par les policiers du RAID lors de l'assaut pour libérer l'enfant du couple qu'il retenait en otage.

Article original publié sur BFMTV.com

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