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“Atteinte à l’ordre public” : le Cambodge déclare la guerre aux klaxons musicaux

Sur les bas-côtés des routes cambodgiennes, beaucoup, parmi les plus jeunes, se sont pris au jeu de danser au rythme des klaxons musicaux des camions. La tendance, à en croire le Premier ministre, Hun Manet, ne cesse de prendre de l’ampleur sur les réseaux sociaux, TikTok en tête qui, selon le Khmer Times, compte 6,68 millions d’utilisateurs au Cambodge.

La tendance, en tout cas, agace le chef de l’exécutif, rapporte Cambodianess. Au point qu’il a annoncé, dans un communiqué publié sur Facebook le 18 mars, avoir ordonné au ministère des Transports et à la police nationale de prendre des mesures pour interdire ces klaxons customisés qui produisent de courtes mélodies entraînantes, explique le site d’information. L’objectif, justifie le Premier ministre, est de lutter contre le désordre sur les routes et d’éviter des accidents.

La mairie de Phnom Penh a aussitôt obtempéré, note The Phnom Penh Post. Par une directive prise le 19 mars, elle donne une semaine aux propriétaires de tels klaxons pour s’en débarrasser. “Nous avons remarqué que les klaxons modifiés et les pots d’échappement trafiqués portent atteinte à l’ordre public, en particulier en gênant les écoles, les hôpitaux et les pagodes. Ils peuvent être aussi à l’origine d’accidents”, a mis en garde Khuong Sreng, le gouverneur de la capitale.

En prenant cette décision, Hun Manet marche dans les pas de son père, Hun Sen, qui a dirigé le Cambodge d’“une main de fer” pendant près de quarante ans, juge Al-Jazeera.

“Bien qu’éduqué en Occident et considéré comme l’avant-garde d’une nouvelle génération de jeunes dirigeants cambodgiens plus réformistes, les premiers mois de Hun Manet au pouvoir ne l’ont pas vu beaucoup s’écarter de la voie tracée par son père.”

Hun Sen instrumentalisait également des questions culturelles “afin de promouvoir une vision conservatrice de la société”, reprend le journaliste d’Al-Jazeera, qui a longtemps travaillé au Cambodge. En 2020, par exemple, le père de Hun Manet avait ordonné au ministère de l’Intérieur de sévir contre les influenceuses portant des tenues aguicheuses pour vendre des produits en ligne. Et en 2006, il avait interdit les concours de beauté dans le pays.

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