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Attaques du Hamas sur Israël: LFI "assume" son désaccord avec "la diplomatie française"

"Je suis Israélien, Palestinien, du côté de tous ces peuples qui souffrent depuis des décennies de ce conflit". Voilà comment se présente Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, sur France 2, deux jours après le début des attaques du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël et des représailles du pays dirigé par Benjamin Netanyahu.

En clair, le député des Bouches-du-Rhône condamne "les crimes de guerre commis par le Hamas", mais aussi ceux qui sont le fait de "l'État israélien à l'égard des Palestiniens depuis des années". Refusant d'évoquer une "responsabilité partagée" - "je ne sais pas ce que ça veut dire", dit-il - l'insoumis questionne néanmoins: "Est-ce que vous avez le sentiment qu’une vie palestinienne vaut moins qu’une vie israélienne?"

Conclusion: LFI persiste et signe - même si elle condamne clairemment cette fois-ci les attaques du Hamas - après un week-end où elle a fait polémique, y compris à gauche. Il lui est notamment reprochée d'avoir mis sur le même plan le mouvement islamiste palestinien et Israël.

"L'offensive armée de forces palestiniennes menée par le Hamas intervient dans un contexte d'intensification de la politique d'occupation israélienne à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem Est", a écrit le mouvement dans un communiqué ce samedi.

"Ignobles"

Le parallèle ne passe pas pour de nombreux responsables politiques. Invitée de BFMTV ce dimanche, Élisabeth Borne a dénoncé une "complaisance" de LFI, qui renvoie "dos-à-dos" une "organisation terroriste" et "un état démocratique". La Première ministre a ensuite estimé que les insoumis font preuve d'un "antisionnisme", qui peut être "une façon aussi de masquer de l'antisémitisme".

Réponse dans la foulée de Jean-Luc Mélenchon sur X (ex-Twitter): "Madame Borne profite de la guerre au Moyen-Orient pour mener sa guerre contre LFI". "L'approbation du massacre en cours déshonore madame Borne", a-t-il ensuite taclé dans une référence aux représailles d'Israël.

Très proche du triple candidat à la présidentielle, Manuel Bompard contre-attaque également, jugeant que les propos d'Élisabeth Borne sont "ignobles" et "infamants". "Madame Borne, plutôt que de s’en prendre à La France insoumise, devrait nous dire ce qu’elle va faire pour faire en sorte qu’on ne soit pas dans une escalade qui soit encore plus meurtrière", enjoint-il.

"L'antisémitisme est un délit", renvoie ensuite l'élu de Marseille à ses détracteurs, qu'il invite à "porter plainte", s'ils "considèrent que telle ou telle personne de ma famille politique est antisémite."

"Aucun d’entre nous n’a jamais été condamné", rappelle Manuel Bompard, regrettant "cette manière d'empêcher toute critique de la politique mise en place par le gouvernement israélien".

"Rupture totale"

Le coordinateur de LFI "assume" le désaccord de son mouvement avec la "diplomatie française". Il déplore que celle-ci n'ait pas utilisé "les mots 'paix' et 'cessez-le-feu' dans ses communiqués, et juge qu'elle se situe en "rupture totale avec la position traditionnelle de la France sur ce sujet depuis le général de Gaulle, en passant par Jacques Chirac."

"Il faut l’arrêt des hostilités, un cessez-le-feu, la protection des civils", plaide le parlementaire. Et d'ajouter, en écho au discours de Jean-Luc Mélenchon: "La position de la France ne peut pas être alignée sur celle du gouvernement de l’extrême droite israélienne qui va se traduire par plus de morts, de souffrances."

Article original publié sur BFMTV.com