Arthur Chevallier – La France préfère l’idée de la liberté à la liberté

Par Arthur Chevallier
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La France préfère l'idée de la liberté à la liberté. Le scandale provoqué par un dessin de Xavier Gorce, pour lequel le journal Le Monde, où il travaillait, a présenté des excuses, rappelle qu'il est plus facile de théoriser la liberté d'expression que de l'appliquer. L'opinion s'est indignée d'un manque de courage de la part d'un quotidien aussi prestigieux. La police de l'humour est, hélas, le symbole d'un puritanisme où la vie intellectuelle sombre. Si l'indignation est salutaire, elle révèle néanmoins l'illusion où nous sommes rendus. La conception du libéralisme, en France, diffère de celle des pays anglo-saxons, et ce, depuis les origines de la République. Force est de constater qu'à la liberté d'opinion les gouvernements ont souvent préféré l'ordre public, pour le meilleur comme pour le pire.

À la fin des années 1780, la censure royale a beau être toujours en vigueur, elle n'en est pas moins, à l'image de l'administration, laxiste, et donc permissive. En 1789, l'article XI de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen stipule : « Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » La liberté d'expression est limitée par la loi, c'est-à-dire l'ordre public.

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