Arthur Chevallier – France, ce mot interdit

Par Arthur Chevallier
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Jean Castex à Paris lors de l'hommage à Samuel Paty.
Jean Castex à Paris lors de l'hommage à Samuel Paty.

La République n'est pas un argument d'autorité. Il ne suffit pas de la citer pour résumer une civilisation. Lors de leurs prises de parole après l'attentat de Conflans, le président de la République et le Premier ministre ont déclaré qu'il s'agissait d'une attaque contre la République sans citer le mot « France ». Cette disparition sémantique n'est pas de leur fait. Déjà, Manuel Valls répétait le mot « République » comme s'il en avait été l'inventeur. Même si des règles littéralement énoncées par la norme suprême ? la Constitution ? de notre régime ? la République ? sont enfreintes, supprimer la France de notre vocabulaire revient à circonscrire les effets du terrorisme à un légalisme. Or, ce ne sont pas des républicains que l'on tue, mais des Français ; ce ne sont pas des codes civils que l'on brûle, mais des têtes que l'on arrache ; ce n'est pas au nom de la citoyenneté ni même de la laïcité que l'on s'indigne, mais de l'humanité. Et nul n'a attendu l'avènement de la République, tant s'en faut, pour penser l'unité d'un peuple, d'un territoire et d'une histoire.

« Dès qu'elle prit conscience d'elle-même, la France voulut justifier son présent par son passé. » Cette phrase intelligente et belle a été écrite par Colette Beaune dans un des plus brillants livres d'histoire des trente dernières années, Naissance de la nation France. Avant la France, il y avait des peuples, et avant le XIIe siècle, il y avait plusieurs France : la Francia orientalis, la Francia [...] Lire la suite