Arménie : avec la guerre, l'épidémie de Covid repart

Par Ian Hamel, envoyé spécial à Goris (Arménie)
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Des réfugiés du Haut-Karabakh en Arménie.
Des réfugiés du Haut-Karabakh en Arménie.

REPORTAGE. L'armée azerbaïdjanaise progresse au Haut-Karabakh, entraînant un exode vers l'Arménie qui favorise la propagation du coronavirus.

Un petit groupe de personnes âgées attend sur le bord de la route à Goris, petite ville du sud de l'Arménie, à un coup de fusil de la frontière. Elles ont fui le matin même un petit village à proximité de Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh, pour échapper aux bombardements de l'aviation azérie. Elles attendent depuis des heures un transport pour Erevan, la capitale de l'Arménie. L'une des vieilles femmes en pleurs, âgée de 85 ans, raconte que son petit-fils, âgé de vingt ans, a été tué le matin même. « Nous avons été contraints de fuir dans la précipitation, à pied. Sans même pouvoir l'enterrer », sanglote-t-elle. Sa voisine, 70 ans, raconte l'horreur : les cadavres abandonnés risquent d'être dévorés par les sangliers. Un peu plus loin, d'autres réfugiés, harassés, arrivent de Chouchi, au centre du Haut-Karabakh. L'armée azerbaïdjanaise ne serait plus qu'à cinq kilomètres de leur bourgade.

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Aucune des personnes croisées ce jour-là ne porte de masques. « Comment voulez-vous que j'impose un masque ou des gestes barrières à ces personnes désespérées ? Elles ne m'écoutent même pas », avoue un militaire, impuissant. D'autant que lui-même n'en porte pas. « Et mes soldats qui vont peut-être mourir demain, pensez-vous qu'ils se préoccupent du Covid ? » interroge-t-il. Les réfugiés du Haut-Karabakh (plus de 60 % d'une population de 150 000 habitants) et les bidasses ne sont pas les seuls respo [...] Lire la suite

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