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En Argentine, une « file de la faim » de 2 kilomètres pour défier une ministre de Javier Milei

ARGENTINE- Ce qui devait être une métaphore s’est avérée être la réalité. La ministre du « Capital humain » (en charge des Affaires sociales) Sandra Pettovello issue du gouvernement ultralibéral du président argentin Javier Milei avait promis de recevoir « un par un » les citoyens ayant faim. Résultat, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, plusieurs centaines l’ont prise au mot lundi 5 février, formant une file de près de 2 kilomètres devant son ministère.

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Sandra Pettovello s’était adressé cinq jours avant aux protestataires réunis devant son cabinet, venus dénoncer les retards et la diminution de l’aide alimentaire distribuée aux milliers de soupes populaires du pays. « Voilà comment je vais procéder : les gars, vous avez faim ? Venez un par un, je noterai votre pièce d’identité, votre nom, d’où vous venez, et vous recevrez de l’aide individuellement », avait-elle lancé.

Promesse prise à cœur par les argentins, une interminable « file d’attente contre la faim » s’est dressée sur près de 30 pâtés de maisons. Celle-ci a duré l’essentiel de la journée sous une chaleur accablante, sans incidents.

« Eh bien, les gens ont faim, donc on est là ! », a déclaré à l’AFP Carmen Morán, qui dirige une de ces soupes populaires de quartiers. « Voyons si la ministre a de la compassion pour nous, pour ceux qui en ont besoin (...), pour que l’aide parvienne jusqu’aux cantines » communautaires.

« La ministre ne les recevra pas »

Malgré la proposition d’aide de Sandra Pettovello, celle-ci n’était pas sur place pour soutenir les centaines de personnes présentes. Interrogé lundi lors d’un point presse, Manuel Adorni, le porte-parole de la présidence a expliqué que la ministre « ne les recevra pas et ne leur a pas donné rendez-vous », mais que ce qu’elle exprimait « spontanément était l’intention d’aider chaque personne » qui est dans le besoin.

Un quiproquo qui n’a pas réjoui les Argentins, notamment lorsque l’on sait que « 5 millions ne mangent pas à leur faim » a ajouté le porte-parole de la présidence. Manuel Adorni a aussi tenu à assurer que l’alimentation des argentins « ne sera jamais une variable d’ajustement, dans un pays où pratiquement la moitié est pauvre ».

En parallèle aux premières mesures d’austérité dès décembre, à la libération des prix, et à la dévaluation de 50 % du peso, sur fond d’inflation record (211 %) le gouvernement ultralibéral du président Milei a annoncé en janvier des gestes d’urgence à destination des plus démunis, comme le doublement des bons alimentaires, jusqu’à 91 000 pesos (103 dollars) et des allocations familiales, à 41 000 pesos (43 dollars).

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