Argent public. Le président du Burundi décrète que “le temps de la fainéantise est révolu”

Courrier international (Paris)
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Lors d’une visite dans une rizière, le président a pris pour cible un chef de projet agricole, qu’il accuse de profiter de l’argent public. Coup de communication ou tolérance zéro dans la lutte anticorruption ? Après cet épisode, la Toile est sceptique et la presse burundaise s’interroge.

“Nous allons nous attaquer à la paresse. Le temps de la fainéantise est révolu”, a déclaré Évariste Ndayishimiye, le président du Burundi. Les maux du pays sont nommés, sans détour ni équivoque. Et les coupables aussi : “Vous allez rembourser tous vos salaires. Je mets en garde celui qui va encore badiner avec ce genre de projets. Il faut que vous sachiez que c’est l’argent du pays.”

Ces mots, le chef de l’État les a adressés à un chef de projet agricole dans une rizière de la province de Kirundo, dans le nord du pays, où il s’était déplacé. L’homme, accusé d’être responsable du retard accumulé dans l’aménagement de ce marais destiné à la culture du riz, a fait les frais de la colère du chef de l’État, rapporte le journal Iwacu. “Le malheureux coordinateur agricole” est resté sans voix face à ces remontrances publiques. Et le président d’insister : “Tu vas préparer un calendrier des travaux, et je pars avec.”

Démagogie ?

La nouvelle n’a pas échappé à la presse nationale. “Le président engagé à faire le ménage”, titre le journal burundais en une, avant d’ajouter que Ndayishimiye “tape du poing sur la table”. Il faut dire que le président élu en juin 2020 ne plaisante pas avec l’argent public. Il a fait de la lutte contre la pauvreté dans le pays son cheval de bataille, alors que le Burundi figure parmi les trois États les plus pauvres du monde au niveau du produit intérieur brut par habitant.

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