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Les arboriculteurs redoutent des gelées tardives après une floraison précoce des arbres

Le retour des beaux jours...et des angoisses. Si ce mercredi 20 mars marque le début du printemps, cela fait déjà plusieurs semaines que les températures sont très douces sur une large partie sud du pays. Ce mercredi encore, les maximales devraient largement dépasser les 20°C et se situer entre 6 et 8 degrés au-delà des normes de saison.

Cette chaleur a une conséquence très directe sur la flore: un débourrage des végétaux anticipé, comprendre une montée de sève qui permet l'apparition très tôt dans l'année des bourgeons et une floraison des arbres dès le mois de mars. Ce phénomène inquiète les arboriculteurs et producteurs de fruits, qui redoutent de nouvelles gelées au cours des jours à venir.

"On s’est fait avoir pendant deux ans, on a perdu 100% de notre récolte, et nous n’avons eu que les yeux pour pleurer. Là c’est très lourd, le fruit représente 80% de mon chiffre d’affaires sur l’exploitation", fait valoir à BFMTV Henry Brousse, arboriculteur à Villaudric, dans le département de la Haute-Garonne.

Celui-ci l'assure, la floraison de ses pêchers et nectarines est en avance, et ses plants sont désormais à la merci de nouvelles températures négatives.

"Risques de gel"

Même topo pour Maurice Andral, arboriculteur à la tête d'une culture de prunes à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne. "Nous avons minimum dix jours d’avance. On sait qu’on a des risques de gel jusqu’à fin avril. Aujourd’hui, au stade où nous avons la prune, elle est censée congeler à -0,5°C", explique-t-il.

Il y a deux ans, la production de Maurice a été entièrement brûlée par de telles gelées. Alors pour se prémunir d'une nouvelle déconvenue, celui-ci a investi dans des ventilateurs géants.

"C’est un moteur six cylindres qui fait 180 chevaux qui fait tourner une carlingue et qui fait tourner l’hélice en haut. Ça ramène l’air chaud d’en haut sur le bas et ça remonte les températures froides de 3 degrés", détaille Maurice Andral. Un simple ventilateur, facturé 50.000 euros, lui permet de protéger une parcelle de trois hectares.

Comme l'explique Météo France, au printemps, la végétation est "en pleine croissance", ce qui la rend plus sensible au gel: les arbres fruitiers et la vigne peuvent en particulier "subir des pertes conséquentes".

L'Inrae, un institut de recherche public spécialisé dans l'agriculture, écrit sur son site e-phytia: "Ces gelées affectent les pousses, notamment la pousse terminale, d’un arbre dont les bourgeons viennent de débourrer" - ce qui signifie qu'ils s'ouvrent.

Pour la semaine à venir, Météo France prévoit une baisse des températures, et le mercure pourrait de nouveau tourner autour du 0°C.

Article original publié sur BFMTV.com