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Après la rencontre entre Macron et les chefs de partis, l'idée d'un référendum a du plomb dans l'aile

La montagne a-t-elle accouché d'une souris? Après douze heures de huis clos avec Emmanuel Macron ce mercredi, les chefs de partis ont affiché leur scepticisme. À la sortie à trois heures du matin, pas d'annonce concrète à l'exception d'une "conférence sociale" "validée" par le chef de l'État. Quant aux "projets de référendums" évoqués par le président lors d'un long entretien au Point, rien n'est fixé.

Du côté de l'Élysée, on cherche bien à convaincre. "Les participants ont convenu dans un premier temps d’engager un travail sur le champ du référendum", a indiqué l'entourage d'Emmanuel Macron à BFMTV.

Nouveau rendez-vous et réunion entre ministres

"Le président de la République fera parvenir dans les prochains jours une lettre synthétisant les échanges et les pistes de travail proposées que chacun pourra amender pour poursuivre les échanges sur cette base", a encore fait savoir un proche du chef de l'État.

Preuve que la présidence cherche à montrer que cette "initiative d'ampleur" comme l'appelle le chef de l'État n'a rien d'un feu de paille: le dirigeant compte bien lancer une nouvelle invitation dans "un format identique". Un séminaire gouvernemental de suivi se tiendra également le 6 septembre.

"Quand rien n'est conclu, on m'expliquera ce qu'on va dire dans une réunion qui doit donner des outils pour travailler sur les mesures annoncées ou organiser un futur référendum", grince un conseiller ministériel.

"On aurait pu croire que c'était le bon moment"

Les oppositions étaient pourtant venues avec des propositions de référendums plein les bras, d'autant plus que le président évoque régulièrement cet outil, sans s'en être jusqu'ici jamais emparé.

"Ça fait tellement longtemps qu'on en parle et là, on organise quelque chose d'inédit en réunissant tout le monde autour de la table. On aurait pu croire que c'était le bon moment de dégainer cette carte", regrette un député Renaissance.

Éric Ciotti et Jordan Bardella ont ainsi poussé l'idée d'une consultation sur l'immigration. Le patron du RN aurait bien également vu une grande consultation sur le pouvoir d'achat. Quant à la Nupes, elle a appelé à un vote des Français sur la retraite à 64 ans.

La fin de non-recevoir du président a été claire. Pas question de renoncer pour Emmanuel Macron à un projet de loi sur l'immigration qui devrait finir par arriver dans les prochains mois à l'Assemblée. Non également à un référendum sur les retraites. Le chef de l'État a expliqué refuser de voir s'affronter "deux légitimités" entre le Parlement et une consultation populaire.

Le président ne sait pas "non plus" ce qu'est un préférendum

Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, n'a pas non plus eu gain de cause. Il avait pourtant bien tenté de donner des idées au président en dégainant la carte du préférendum, une consultation des Français sur plusieurs sujets le même jour. Sans manifestement guère convaincre Emmanuel Macron.

"J'ai dit que je ne savais pas ce que c'était", raconte Marine Tondelier. "'Moi non plus', m'a-t-il répondu", explique la numéro 1 des écologistes.

De quoi décevoir même ceux qui avaient indiqué avant le huis clos venir "sans illusion". Jordan Bardella a bien évoqué des débats "francs" avec le président tout en se disant "dans l'incapacité" de préciser sur quoi ils déboucheraient.

Vers un boycott de la gauche

Y aura-t-il vraiment une suite aux rencontres de Saint-Denis? Dans les rangs des opposants, on en doute sérieusement. "Si c'est pour faire à nouveau une longue discussion qui ne se traduit par rien, je ne vois effectivement pas l'intérêt de passer encore du temps dans cette discussion", a lâché Manuel Bompard à la sortie de la réunion.

De quoi imaginer un futur boycott de la Nupes lors de la prochaine édition?

"Si on n'a pas de groupe de travail sur l'écologie, j'ai vraiment du mal à imaginer la suite de cette rencontre", avance encore la patronne des écologistes.

Comme pour conjurer cette possibilité, avant même la réunion de Saint-Denis, l'Élysée a décidé de réunir le 7 septembre prochain, dans la foulée de la réunion de suivi ministériel de ce dispositif, le Conseil national de la refondation.

Sous les radars depuis son lancement en septembre 2022, cette initiative boudée par les oppositions était elle aussi sensé déboucher sur des référendums. Sans succès.

Article original publié sur BFMTV.com