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Après les révélations sur Nestlé, les écologistes veulent des sanctions européennes contre la France

Après les révélations sur Nestlé, les écologistes veulent des sanctions européennes contre la France
LUDOVIC MARIN / AFP Après les révélations sur Nestlé, les écologistes veulent des sanctions européennes contre la France

POLITIQUE - « Inaction » et « complicité ». À la lumière des révélations sur des pratiques interdites par le groupe Nestlé et de la possible implication du gouvernement Borne dans le dossier, les Écologistes réclament ce mardi 30 janvier des sanctions, y compris à l’échelle européenne.

Eaux minérales de Nestlé : comment le gouvernement a caché des pratiques interdites

« Aujourd’hui on apprend que Nestlé filtre illégalement cette eau pour masquer des contaminations. Et le gouvernement est au courant depuis 2021 ? C’est une honte, nous demandons des sanctions », réagit sur X la secrétaire nationale du parti Marine Tondelier. Dans la foulée, la tête de liste Verte pour les européennes Marie Toussaint a elle réclamé dans un communiqué une « enquête indépendante sur la responsabilité du gouvernement » et le lancement d’une « procédure d’infraction » par la Commission européenne « pour violation des règles européennes ».

Selon des révélations du Monde et de Radio France, le groupe Nestlé a eu recours à des traitements pour purifier des eaux minérales. Or, pour être vendues comme « eaux minérales naturelles » comme c’est le cas aujourd’hui, ces eaux doivent être naturellement de haute qualité microbiologique, contrairement à l’eau du robinet qui est, elle, désinfectée avant de devenir potable. Nestlé est accusé d’avoir utilisé des traitements ultraviolets et des filtres au charbon actif. Des pratiques interdites par l’interprétation d’une directive européenne.

« Les normes ça sert aussi à protéger notre santé, lorsque l’État les fait respecter »

Le géant suisse a reconnu les faits mais a assuré que ces pratiques n’avaient plus cours. En parallèle, le gouvernement, mis au courant de ces pratiques en 2021, a assoupli dans la discrétion la plus totale la réglementation, mis face à l’argument que « plusieurs milliers d’emplois étaient en jeu » écrivent nos confrères du Monde.

« Le scandale, c’est que le gouvernement Borne savait. Qu’ils ont caché ces faits aux juges. Qu’ils ont allégé la réglementation, en catimini, pour leurs profits ! », s’indigne le député LFI de la Somme François Ruffin. Sa collègue Mathilde Panot accuse, elle, le gouvernement de n’avoir « rien fait pour protéger les consommateurs ».

Dans son enquête, Radio France souligne que selon les inspecteurs de l’Igas, si « globalement », le « niveau de conformité est élevé sur les eaux en bouteille, il ne serait pas prudent de conclure à la parfaite maîtrise du risque sanitaire, notamment du risque microbiologique ». Ce que conteste une source gouvernementale interrogée par l’AFP et selon qui « aucun risque sanitaire lié à la qualité des eaux embouteillées n’a été identifié à ce stade ».

En pleine crise agricole, où les règles européennes - celles du Pacte Vert notamment - sont contestées, le sénateur Yannick Jadot et la députée Sandrine Rousseau ont eux profité de l’occasion pour défendre. « Les normes ça sert aussi à protéger notre santé ! Lorsqu’elles sont respectées et que l’État les fait respecter », écrit l’ex candidat à la présidentielle, sur la même ligne que l’élue de Paris.

Interrogé par Le Monde et Radio France, Bercy fait valoir « l’absence de norme interdisant explicitement ce niveau de filtration » et évoque l’exemple de l’Espagne qui applique une règle différente de celle de l’UE. Ce qui pousse l’écologiste Marie Toussaint à réclamer une « harmonisation par le haut des normes européennes en matière d’eau, afin d’assurer des normes élevées de qualité et de sécurité pour tous les citoyens ».

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