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Après l'annulation de son exposition au festival d'Angoulême, Bastien Vivès fait son mea culpa

L'auteur de BD Bastien Vivès en 2021 - Joel Saget
L'auteur de BD Bastien Vivès en 2021 - Joel Saget

Bastien Vivès, qui a été accusé de promouvoir la pédopornographie dans des livres comme Petit Paul (2018), a fermement démenti, dans un communiqué publié ce jeudi sur son compte Instagram, "la pédocriminalité, ainsi que son apologie et sa banalisation".

"Je condamne la culture du viol et les violences faites aux femmes", a-t-il ajouté dans cette publication. "Je tiens à exprimer ma solidarité sincère envers les victimes d’inceste et de tout autre abus sexuels. En aucun cas, mes livres ne doivent être lus sous le prisme de la complaisance envers ces crimes."

Le festival d'Angoulême, qui devait lui consacrer une exposition du 26 au 29 janvier prochain, a pris la décision mercredi de l'annuler, après des "menaces physiques proférées vis-à-vis de Bastien Vivès". Un débat y sera organisé sur le sujet.

"Un genre burlesque humoristique"

Rappelant que son "œuvre est variée", et "évoque la naissance du sentiment amoureux et du désir", Bastien Vivès précise que ses "quatre livres dits 'pornographiques' sont vendus en librairie sous blister, avec un avertissement et une interdiction aux moins de 18 ans."

Bastien Vivès insiste: selon lui, Petit Paul, mais aussi Les Melons de la colère (2011), La Décharge mentale (2018) et Burne out (2022), "s'inscrivent dans un genre burlesque humoristique". Et le dessinateur de faire son mea culpa sur les propos polémiques qu'il a pu tenir sur Radio Nova et sur Mademoizelle:

"Ce ton provocateur, il m'est arrivé de le reprendre parfois, de manière maladroite, dans mes interviews. On dit parfois de moi que je suis sans filtre, mais à aucun moment je n'ai voulu blesser des victimes de crimes et abus sexuels. Et je tiens évidemment, si mes propos ont pu heurter ces personnes, à leur présenter mes plus sincères excuses."

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A post shared by Viktorija Burakauskas (@toribur) on Jan 21, 2020 at 8:43am PST

"Gratuitement violent"

Concernant les messages d'insultes et de menaces sur Facebook envers la dessinatrice Emma, dont il avait moqué la BD à succès La Charge mentale en 2017, il les "regrette": "Ma présence sur les réseaux sociaux était souvent puérile. Il m’arrivait de m’en servir comme d’un défouloir."

"Je regrette sincèrement certains de mes propos, et plus particulièrement ceux à l’encontre de la dessinatrice Emma posté sur mon mur Facebook envers laquelle je tiens à m’excuser. C’était gratuitement violent, irrespectueux et surtout indigne. J’ai quitté Facebook et Twitter quelques temps après."

Bastien Vivès s'excuse également pour un dessin publié l'été dernier qui avait été jugé lesbophobe: "Plus récemment, l’un de mes posts sur Instagram a suscité des réactions que je ne souhaitais pas. J’en ai pris la responsabilité en le supprimant et en présentant mes excuses."

"Pensé et pesé"

Dans les yeux de Bastien Vivès, l'exposition contestée du festival d'Angoulême, devait présenter des œuvres originales et non des extraits tirés de son travail, a-t-il encore rappelé: "Tout y avait été pensé et pesé en tenant compte des contraintes d’une manifestation comme le festival international de la bande dessinée."

Et le dessinateur de conclure: "Aujourd'hui je me rends compte qu'au-delà de mes œuvres, ce sont surtout mes propos qui ont choqué, j'aurai désormais la plus grande attention lorsque je m'exprimerai en public ou dans les médias."

Article original publié sur BFMTV.com