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Après l’agression de Yuriy en 2021 à Beaugrenelle, le procès de huit jeunes s’ouvre ce lundi

Appel à témoins après l’agression de Yuriy à Beaugrenelle en janvier 2021. Le procès s’ouvre ce 4 décembre 2023.
THOMAS COEX / AFP Appel à témoins après l’agression de Yuriy à Beaugrenelle en janvier 2021. Le procès s’ouvre ce 4 décembre 2023.

JUSTICE - Les faits se sont produits il y a près de trois ans. Yuriy, collégien d’origine ukrainienne, était roué de coup à Paris par une bande dans le XVe arrondissement de Paris. Ce lundi 4 décembre s’ouvre le procès de huit jeunes hommes soupçonnés d’être impliqués dans ce passage à tabac.

Yuriy s’apprêtait à fêter ses 15 ans quand il a été roué de coups le 15 janvier 2021 sur la dalle de Beaugrenelle, le toit aménagé d’un centre commercial du sud-ouest de Paris. La vidéo de son agression, devenue virale, avait suscité le vif émoi de célébrités, tels l’acteur Omar Sy et le footballeur Antoine Griezmann, et jusqu’au sommet de l’État.

Ces images, d’une vingtaine de secondes, montrent une dizaine de jeunes s’acharner à coups de pieds, de béquilles et de marteau sur Yuriy, alors au sol, avant de l’abandonner sur la dalle. L’agression, qui avait duré plusieurs minutes, avait été stoppée par les cris d’un homme à sa fenêtre. Yuriy avait été transporté à l’hôpital dans un état grave, son pronostic vital étant alors engagé.

« Un acte de vengeance »

Selon les investigations, ce déchaînement de violences serait « un acte de vengeance » en réponse à l’agression d’un autre jeune lors d’une rixe cinq jours plus tôt, à proximité de la dalle du centre commercial de Beaugrenelle. Le demi-frère et le cousin de ce dernier figurent parmi les adolescents mis en cause pour le passage à tabac de Yuriy.

Les enquêteurs les soupçonnent d’avoir fait partie de deux bandes rivales, celle du « plateau de Vanves », commune jouxtant le 15e arrondissement de Paris, et celle surnommée « RD4 » pour la « rue des 4 Frères Peignot », près de Beaugrenelle.

Yuriy s’était défendu d’appartenir à une « bande », expliquant qu’il existait bien un « groupe RD4 » dont les membres étaient ses amis. Le jour de son lynchage, il avait un tournevis dans sa poche, pour se prémunir de « possibles représailles ».

S’il admettait avoir été présent lors de la première agression, cinq jours avant la sienne, il assurait ne pas y avoir participé. Entendu comme témoin, il « n’a jamais été mis en cause » dans ce dossier, avait souligné son avocat Francis Szpiner.

Rivalité entre bandes

C’est le deuxième procès cette affaire révélatrice des rivalités entre bandes. Quatre adolescents, âgés de 14 et 15 ans au moment de l’agression, ont déjà été condamnés en mars par un tribunal pour enfants à des peines allant jusqu’à deux ans et demi de prison ferme.

Devant la cour d’assises des mineurs de Paris, les huit mis en cause qui avaient au moins 16 ans lors des faits - six mineurs et deux majeurs de 18 ans à l’époque - doivent à présent s’expliquer, jusqu’au 22 décembre, à huis clos. Un treizième jeune, initialement renvoyé devant cette cour, a finalement bénéficié d’un non-lieu, faute de charges suffisantes.

Parmi les huit jeunes renvoyés devant les assises des mineurs, aujourd’hui tous majeurs, six le sont pour tentative de meurtre, un pour complicité et un pour participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre des violences.

Celui que l’instruction désigne comme le plus impliqué, accusé d’avoir porté des coups de marteau sur la tête de l’adolescent, « expliquera son comportement devant les juges », a indiqué à l’AFP son avocat, Yassine Bouzrou. Yuriy et sa mère, parties civiles au procès, veulent eux « que la cour d’assises juge ces faits pour ce qu’ils sont : une tentative de meurtre », selon Me Szpiner.

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