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Après l’accident ferroviaire en Grèce, le chef de gare avoue « une erreur »

Le drame, qui s’est déroulé près de Larissa, a fait 46 morts. Il est dû à « une terrible erreur humaine », a indiqué le Premier ministre grec.

INTERNATIONAL Le chef de gare accusé d’être à l’origine d’une catastrophe ferroviaire qui a fait 46 morts témoignait ce jeudi 2 mars devant la justice à Larissa, ville de Grèce centrale la plus proche de l’accident qui a provoqué des manifestations de colère. Il a avoué « une erreur » a confirmé le porte-parole du gouvernement.

L’homme âgé de 59 ans a été arrêté mercredi et poursuivi pour « homicides par négligence » et pour avoir provoqué des « blessures corporelles ». Il doit désormais apporter des précisions sur comment un train transportant 342 passagers et dix employés des chemins de fer, reliant Athènes à Thessalonique dans le nord du pays, a pu être autorisé à emprunter la même voie qu’un convoi de marchandises.

Les deux trains se sont heurtés frontalement alors qu’ils se trouvaient sur la même voie depuis plusieurs kilomètres. L’accident a fait 46 morts, selon le porte-parole des pompiers grecs, Vassilis Vathrakogiannis. Et les opérations de recherche avec 72 pompiers déployés, se sont poursuivies toute la nuit.

« Tout montre que le drame est dû, malheureusement, principalement à une tragique erreur humaine », disait déjà mercredi soir le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, alors que la polémique enfle dans le pays sur l’état du réseau que beaucoup jugent vétuste.

Contacté par l’AFP, le groupe public italien Ferrovie dello Stato (FS), qui contrôle la société des chemins de fer Hellenic Train, privatisée en 2017, n’a pas fait de commentaires dans l’immédiat.

Manifestations à Athènes

Des habitants ont protesté à Larissa portant des banderoles ! « La privatisation tue ». Des manifestations ont eu lieu à Athènes également, devant le siège de la compagnie Hellenic Train. « C’était le train de la terreur », a déclaré aux journalistes Pavlos Aslanidis, dont le fils est porté disparu ainsi qu’un de ses amis.

Le président du syndicat des conducteurs de train OSE, Kostas Genidounias, a dénoncé le manque de sécurité, selon lui, sur cette ligne qui relie les deux principales villes de Grèce. « Toute (la signalisation) est faite manuellement. C’est depuis l’an 2000 que les systèmes ne fonctionnent pas », s’est-il emporté sur la chaîne de télévision ERT. Auparavant, il avait également assuré à l’AFP qu’« aucun système de sécurité, télécommande et feu de circulation ne fonctionnait ».

Le ministre des Transports a démissionné

« C’était un train plein d’étudiants, des jeunes d’une vingtaine d’années », a déclaré à la presse Costas Bargiotas, un médecin de l’hôpital de Larissa. « C’est vraiment choquant de voir les wagons froissés comme du papier ».

Quelque 500 personnes participaient aux secours, a précisé le porte-parole du gouvernement. De nombreux corps étaient carbonisés et certains passagers ne pourront être identifiés que grâce à des échantillons d’ADN.

À Larissa, où des blessés ont été transportés, le maire, Apostolos Kalogiannis a parlé de « flots d’ambulances amenant des brûlés, des amputés, tout ce qu’on peut imaginer ». « Je n’ai jamais rien vu de tel », a dit l’un des membres des équipes de secours travaillant parmi les débris.

Les habitants ont veillé en silence avant de poser des roses blanches à la mémoire des victimes. Le ministre grec des Transports, Kostas Karamanlis, a présenté sa démission, remplacé par Giorgos Gerapetritis, qui a présenté ses excuses aux familles des victimes : « Je voudrais avant tout présenter mes excuses aux familles des personnes qui ont perdu la vie tout en faisant une autocritique complète du système politique et de l’Etat », a-t-il déclaré alors que de graves défaillances du réseau ferroviaire sont pointées du doigt.

« Le chemin de fer grec n’était pas dans un état digne du XXIe siècle », lorsqu’il est arrivé dans son ministère, avait son prédécesseur juste avant de démissionner, rapporte Le Monde. S’il est reconnu coupable, le chef de gare risque, lui, la prison à vie.

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VIDÉO - Collision de trains en Grèce : "une tragique erreur humaine" selon Kyriakos Mitsotakis