Après des explosions en Transnistrie, la Moldavie craint une extension du conflit ukrainien sur son territoire

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L'antenne radio abattue en Transnistrie, gisant le 26 avril 2022.  - AFP PHOTO / Transnistrian Interior Ministry / handout
L'antenne radio abattue en Transnistrie, gisant le 26 avril 2022. - AFP PHOTO / Transnistrian Interior Ministry / handout

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Le schéma, évidemment, rappelle furieusement la situation ukrainienne et autorités locales comme communauté internationale craignent d'ailleurs une contagion en territoire moldave du conflit en cours à ses frontières. Depuis une guerre survenue en 1992, la Moldavie fait en effet face à la sécession de la région pro-russe de Transnistrie. Or, une série d'explosions a pu y être observé ces derniers jours.

Dans le détail, mardi, ce sont deux détonations qui ont endommagé une tour radio tandis que, lundi, un bâtiment officiel avait été la cible d'une attaque au lance-roquettes dans la capitale séparatiste de Tiraspol. Aucune victime n'est heureusement à déplorer à ce stade et les responsables de ces attentats demeurent à établir.

Une "tentative de destabilisation"

En réponse, l'exécutif moldave a lancé un appel au calme, tout en assurant le renforcement de sa sécurité.

"Il s'agit d'une tentative pour accroître les tensions (...) Nous appelons nos concitoyens à rester calmes et à se sentir en sécurité", a déclaré la présidente - pro-européenne - de la Moldavie, Maïa Sandu, après une réunion du Conseil suprême de la Sécurité.

Elle a en outre annoncé un renforcement des patrouilles aux frontières et des contrôles dans les transports, notamment le long du fleuve Dniestr qui sépare la Moldavie du territoire séparatiste de Transnistrie. La présidente moldave a encore appelé à augmenter le niveau de préparation des organes chargés de l'ordre public. "La Moldavie condamne fermement toute tentative de déstabilisation de la situation", a ajouté Maïa Sandu.

Pour les États-Unis, une raison supplémentaire d'aider l'Ukraine

Situation particulièrement complexe d'ailleurs: car non seulement la Transnistrie séparatiste échappe au contrôle du pouvoir central moldave, mais des troupes russes y sont par ailleurs déployées, signe très concret du soutien de Moscou à l'indépendantisme local.

La scène internationale surveille elle aussi ces troubles comme le lait sur le feu. En déplacement à Berlin pour une réunion internationale au sujet de l'aide à apporter à l'Ukraine, le secrétaire à la Défense des États-Unis, Lloyd Austin, a dû aborder la question en conférence de presse. "Nous souhaitons connaître la cause de ces événements, et des analyses sont en cours", a-t-il prudemment introduit.

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"Nous ne souhaitons pas, bien sûr, un élargissement du conflit", a-t-il ajouté, avant d'y voir une raison supplémentaire d'étoffer et d'accélérer le soutien à l'Ukraine. "C'est pourquoi", a-t-il en effet enchaîné, "il est capital de s’assurer de tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer la victoire de l’Ukraine".

Après un entretien téléphonique avec le ministre des Affaires étrangères moldave, Nicu Popescu, Jean-Yves Le Drian a quant à lui publié un communiqué ce mardi soir, assurant qu'il avait "fait part à son homologue de sa préoccupation et de sa vigilance à l’égard des incidents survenus ces deux derniers jours en Transnistrie". Il a "réitéré dans ce contexte le plein soutien de la France à la stabilité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Moldavie face aux risques de déstabilisation dont elle peut être l’objet", précise encore le texte.

Article original publié sur BFMTV.com

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