Publicité

« Après mon divorce, j’ai retrouvé mon amour de jeunesse, perdu de vue depuis 20 ans » - Témoignage

« En nous quittant, j’avais le cœur qui battait à 100 à l’heure comme une ado. C’est comme si on s’était manqués et désirés, sans le savoir, pendant longtemps. »
Morsa Images / Getty Images « En nous quittant, j’avais le cœur qui battait à 100 à l’heure comme une ado. C’est comme si on s’était manqués et désirés, sans le savoir, pendant longtemps. »

TÉMOIGNAGE - En 1993, j’avais 21 ans et j’étudiais en école de commerce. Cet été-là, j’ai participé à un échange dans une université de Boston, avec quelques camarades de promotion, parmi lesquels Paul. Il était drôle, solaire, sportif… Tous les soirs, il jouait du piano et nous nous retrouvions entre Français pour chanter autour de lui. C’était mon moment préféré de la journée. Il composait de la musique, et m’avait même donné une cassette audio de ses morceaux originaux.

« Je l’ai rencontré en stop pendant les vacances, et notre histoire d’amour dure depuis 34 ans » - Témoignage

Immédiatement, j’ai eu l’intuition qu’il était l’homme de ma vie. Je l’admirais beaucoup, et j’avais l’impression que je lui plaisais aussi. À la fin de notre échange, je lui ai avoué mes sentiments par écrit, en lui envoyant une carte postale. La rentrée m’a très vite refroidie : dès notre retour à l’école, il m’a expliqué qu’il était en couple et qu’il ne se passerait rien entre nous.

Après avoir été éconduite, la vie suit son cours

J’en ai été très malheureuse plusieurs semaines, puis les mois sont passés, nous avons été diplômés et la vie a suivi son cours. Pendant quelques années, j’ai pensé à lui régulièrement, en espérant le croiser par hasard. Puis, j’ai rencontré celui qui deviendrait mon mari et je suis tombée amoureuse de lui.

Nous nous sommes mariés en 1997 et avons eu trois enfants ensemble. En 2001, j’ai arrêté de travailler pour m’occuper d’eux à temps plein et pendant presque 20 ans, j’ai été très épanouie en tant que mère de famille et épouse. Jusqu’à ce qu’en 2015, je découvre que mon mari me trompait. La trahison, puis le divorce qui a suivi ont été très difficiles.

Après notre séparation, j’ai retrouvé dans mes affaires la cassette que Paul m’avait offerte. Symbole de mes anciens sentiments pour lui, elle m’avait suivie dans tous mes déménagements et j’y étais restée attachée même si, des années plus tard, je ne possédais plus d’appareil en mesure de la lire. En la voyant, j’ai eu l’intuition qu’il fallait que je la réécoute. Je l’ai transférée sur clef USB, puis j’ai décidé de retrouver et de recontacter Paul. J’avais envie de savoir ce qu’il était devenu.

Après mon divorce, je recontacte Paul sur Facebook

Près de 20 ans après notre dernier échange, je lui ai écrit sur Facebook. Un simple « Coucou, comment vas-tu ? ». Il m’a reconnue et très vite, nous avons entamé une correspondance sur le réseau social. J’ai aimé sa manière de me répondre, avec beaucoup d’esprit et de naturel. Nous avons évoqué les morceaux qu’il composait plus jeune, et je lui ai parlé de cette cassette que j’avais convertie en MP3. Je lui ai proposé de lui envoyer par courrier ou de la lui donner en main propre, ce à quoi il a répondu : « Revoyons-nous, c’est quand même plus sympa. » Nous avons convenu d’une date de déjeuner où je me suis rendue le cœur tambourinant dans la poitrine.

Le jour du rendez-vous, je l’ai guetté de loin, prête à prendre la fuite s’il avait trop changé. Mais quand je l’ai vu arriver, je l’ai reconnu immédiatement. Il avait certes vieilli, mais son beau sourire était toujours là. C’était un déjeuner incroyable. Nous nous sommes raconté tout ce qui s’était passé dans nos vies respectives pendant 20 ans, et c’est comme si nous ne nous étions jamais quittés : les échanges étaient faciles, fluides, agréables. Au moment de nous dire au revoir, il a pris mon bras et a eu du mal à le lâcher, comme s’il avait besoin de s’accrocher à moi physiquement, et sentimentalement.

Lors de nos retrouvailles, le cœur qui bat comme une ado

En nous quittant, j’avais le cœur qui battait à 100 à l’heure comme une ado. C’est comme si on s’était manqués et désirés, sans le savoir, pendant longtemps. Paul dit souvent qu’« il y avait comme une évidence entre nous, comme si nos âmes s’étaient retrouvées ». C’est peut-être la maturité ou l’expérience, mais nous avons tout de suite su que nous étions faits l’un pour l’autre. Juste après s’être retrouvés, nous avions déjà envie de nous revoir.

Mais si j’étais désormais célibataire, ce n’était pas son cas. Paul était engagé dans un mariage qui était devenu une « colocation » et alors que notre relation s’enflammait à toute vitesse, il a pris les choses en main et a divorcé rapidement. Cela m’a rassurée : je n’étais pas une maîtresse de passage pour lui, comme tant d’autres hommes peuvent les cultiver. Nous nous sommes lancés à fond dans cette relation qui nous étonnait par sa facilité, par l’alchimie entre nous.

Il est resté à mes côtés pendant mon cancer

Malgré la joie de nos retrouvailles, tout n’a pas été simple. Durant les débuts de notre relation, mes enfants ont eu beaucoup de mal à accepter sa présence dans ma vie. J’ai passé nos premières années déchirée entre la volonté de vivre sans frein cette si belle histoire d’amour et les réticences de mes enfants, qui avaient toujours été ma priorité.

La situation s’est résolue quand nous avons été confrontés à la maladie : il y a un an, après sept ans de vie de couple avec Paul, j’ai été diagnostiquée d’un cancer du sein. Dans cette épreuve où tant d’hommes choisissent de partir [des statistiques indiquent qu’une femme a six fois plus de risques d’être quittée à l’annonce d’un cancer qu’un homme ; ndlr], il a été mon pilier et je n’ai pas douté une seule seconde de lui. Son amour et sa présence m’ont portée, rassurée. C’était un cancer dont on peut guérir – et par chance, cela a été mon cas – mais durant tout le traitement, nous avons vécu une angoisse de mort très prégnante.

Dans ces moments difficiles, mes enfants et Paul ont su s’entraider, se soutenir et se rapprocher. Aujourd’hui, alors que je suis guérie mais que je peine à accepter certains effets de la chimio sur mon image, mon compagnon me rassure et me dit que je suis belle avec une sincérité qui ne cesse de m’émouvoir.

Un coup de foudre qui aide à se réinventer

Nos retrouvailles, en pleine quarantaine, nous ont offert un regain de jeunesse. Ce « coup de foudre » à 45 ans, 23 ans après notre première rencontre, nous a donné une énergie folle. Ensemble, nous avons décidé de nous réinventer en reprenant des études, chacun dans une voie qui nous faisait rêver. Nous partageons énormément de valeurs, d’appétences intellectuelles, de passions. J’ai pris conscience que jusqu’ici, pour le bien de mon mari et pour laisser mes enfants s’épanouir, j’avais beaucoup laissé mon individualité de côté. Quelle joie de se retrouver !

Aujourd’hui, cela fait huit ans que nous nous sommes retrouvés, et on se dit qu’on aimerait bien finir notre vie ensemble. Je m’entends bien avec ses enfants, il s’entend bien avec les miens, nous sommes heureux. Et je repense souvent à ce sentiment qui m’a envahie quand nous étions encore étudiants : l’intuition que ce serait lui, l’homme de ma vie. Peut-être qu’en 1993, il n’était pas encore prêt mais j’étais sûre qu’un jour, nous nous retrouverions. C’est sûrement pour ça que j’ai gardé cette cassette audio pendant des décennies, comme un fil d’Ariane.

À voir également sur Le HuffPost :

Zendaya et Tom Holland regardent encore « Spider-Man » ensemble pour revivre le début de leur romance

Sexe : ces couples partagent 15 secrets pour être encore heureux au lit après des années ensemble