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Après leur coup de force à Rungis, ces agriculteurs du sud-ouest accueillis en "héros" en Dordogne

Six jours après son départ pour le marché francilien, le convoi d’agriculteurs a eu droit à un accueil impressionnant et festif au niveau de Bergerac, en Dordogne.

CRISE AGRICOLE - Les agriculteurs partis en convoi lundi dernier d’Agen en direction du marché de Rungis ont été accueillis, ce samedi 3 février, en « héros » lors d’une dernière pause en Dordogne, sur le chemin du retour vers leurs exploitations, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article.

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Peu avant 13 heures, une cinquantaine de tracteurs de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne ont ainsi été accueillis par un concert de klaxons et d’applaudissements à leur arrivée à un rond-point de Bergerac. L’organisation syndicale y avait organisé un pique-nique avec des amis, proches et soutiens souvent très émus et parfois même au bord des larmes.

« Ce sont des héros », ont lancé à plusieurs reprises des participants, qui étaient environ 400 selon les organisateurs.

Un convoi "historique"

« Bergerac, c’est le dernier endroit où l’on est tous ensemble. Ensuite chacun prendra des routes différentes pour rentrer chez soi », explique à l’AFP Karine Duc, vice-présidente du syndicat. « On n’était pas sûrs qu’on nous suive, mais nos demandes étaient justes et honnêtes et elles ont été partagées par toute la profession », a-t-elle aussi rappelé à propos de ce convoi « historique » qui a « au moins permis une prise de conscience de l’opinion publique ».

« On aurait préféré rentrer avec des mesures concrètes car demain rien ne change. Il y a eu beaucoup d’annonces de choses positives, maintenant il faut être vigilants sur la suite qui sera donnée », a encore insisté la responsable.

Parti lundi d’Agen à une trentaine de tracteurs avec pour objectif d’aller à Rungis, le cortège a grossi pour atteindre entre 400 et 500 personnes, selon les organisateurs. La majorité des tracteurs n’a cependant pas pu enjamber la Loire, dont les ponts étaient bloqués par les forces de l’ordre. Seule une trentaine d’engins agricoles ont réussi à remonter mercredi en direction de l’Essonne après avoir forcé le passage au niveau de Gien, dans le Loiret.

91 personnes interpellées

Plusieurs dizaines d’agriculteurs du syndicat ont pénétré mercredi en fin d’après-midi à pied dans une « zone de stockage » du marché de gros à Rungis, où des dégradations ont été commises, selon une source policière.

Un total de 91 personnes ont été interpellées après cette incursion et 79 d’entre elles ont été placées en garde à vue pour la nuit. Parmi elles figurait notamment Serge Bousquet-Cassagne, président de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, qui menait le cortège.

« On n’a rien saccagé, on n’en est pas venu aux mains avec les forces de l’ordre. Le traitement qu’on a reçu n’est pas à la hauteur de nos revendications et de nos actions qui se sont faites sans violence », avait alors critiqué Karine Duc. Des prises de position ferme et une détermination qui ont sans aucun doute joué dans l’accueil reçu sur la route du retour ce samedi.

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